Le programme de déminage humanitaire en Casamance traverse une crise sans précédent. Selon le quotidien L’As, les dysfonctionnements internes du Centre national d’action antimines (CnAMS) paralysent les opérations, malgré l’urgence sécuritaire et les engagements de l’État dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance.
D’après L’As, le programme de déminage humanitaire de la Casamance, piloté par le CnAMS, est au bord de l’asphyxie administrative alors que plus de 1 200 000 m² restent à sécuriser. Lors d’un face-à-face avec la presse, les agents ont sonné l’alarme, dénonçant une crise de gouvernance qui ralentit dramatiquement les interventions sur le terrain.
Le personnel reconnaît la volonté politique affichée par le gouvernement à travers le « Plan Diomaye pour la Casamance » et l’augmentation de 50 % du budget du PALAC. Mais cette dynamique, affirment-ils, est étouffée par l’incapacité du directeur à mobiliser le budget 2025 pourtant disponible depuis février.
Conséquences : salaires impayés, coupures d’eau, d’électricité et d’internet, rupture des fournitures, absence prolongée du directeur durant cinq mois, décisions prises sans consultation, traitement bloqué des dossiers urgents et gestion jugée opaque du carburant confiée à un retraité. Les agents dénoncent également un climat de silence et d’indifférence : « aucune information ne circule ».
Sur le plan opérationnel, la situation devient critique : deux mines ont été découvertes récemment à Sindian et Djibanar « sans réaction du CnAMS ». Plus grave encore, un jeune de 24 ans victime d’un accident de mine à Niagha a été amputé « sans aucune prise en charge par le Centre », déplorent-ils.
Toujours selon L’As, les relations avec les partenaires techniques et financiers se dégradent. Les agents affirment avoir saisi l’Inspection du travail, le gouverneur, le ministère de tutelle et la Primature, sans réponse à ce jour.
Ils interpellent désormais le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour exiger : paiement immédiat des salaires, audit du CnAMS, transparence administrative et continuité du déminage, indispensable à la paix durable en Casamance.

