La qualification de quatre sélections africaines dirigées par des entraîneurs locaux en demi-finales de la CAN ravive le débat sur la souveraineté technique du football africain et met en lumière une évolution longtemps attendue.
Les demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations consacrent une réalité forte : le Sénégal, le Mali, le Maroc et l’Égypte sont tous conduits par des entraîneurs africains. Pape Thiaw, Éric Chelle, Walid Regragui et Hossam Hassan incarnent cette nouvelle génération de techniciens du continent, rompant progressivement avec la domination des entraîneurs étrangers, longtemps qualifiés de « sorciers blancs ».
Cette évolution résonne avec les propos prémonitoires du regretté Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille, qui dénonçait une vision racialisée des rôles dans le football, où la force serait noire et l’intelligence réservée aux Blancs. Une lecture que les performances actuelles viennent déconstruire.
Au-delà du sport, cette dynamique est perçue comme le reflet d’un combat plus large pour la souveraineté africaine. La valorisation des compétences locales dans le football est mise en parallèle avec les enjeux économiques et monétaires du continent, notamment la question du franc CFA, des budgets contraints et de la domination de multinationales étrangères.
Le message est clair : une autre Afrique est possible. Une Afrique capable de former, de faire confiance à ses propres talents et de construire un modèle souverain, démocratique, juste et prospère. Le football, une fois encore, apparaît comme un laboratoire symbolique de cette émancipation en marche.
Avec emedia.sn

