Bambey : levée de boucliers contre un projet jugé fatal à l’agriculture locale, les populations de Tawa disent non au futur de port sec de Ngogom

À Bambey, la contestation monte contre un projet jugé menaçant pour l’avenir des communautés rurales. Réunies au sein du collectif « Samm sunu moomel », les populations de plusieurs villages s’opposent fermement à l’implantation d’un port sec sur leurs terres agricoles.

Les populations des villages de Silane, Mbarry et Keur Mor Selle, plus connu sous le nom de Tawa, ont fait face à la presse pour exprimer leur rejet catégorique du projet de port sec envisagé dans la commune de Ngogom, rapporte Sud Quotidien. Porté par le maire Pape Momar Ngom, ce projet prévoit l’implantation d’un dépôt port sec sur une superficie de 100 hectares, à proximité de l’autoroute à péage Thiès-Touba.

Regroupées au sein du collectif « Samm sunu moomel », les communautés concernées dénoncent une initiative qui, selon elles, menace directement leurs moyens de subsistance. « Depuis deux à trois ans, le maire est venu annoncer sa volonté d’installer un port sec de 100 hectares. Tous les villages riverains du rond-point ont manifesté leur désaccord », a expliqué Daouda Faye, président de l’ASC Tawa et membre du collectif. Il rappelle que la zone est essentiellement dédiée à l’agriculture et à l’élevage, des activités incompatibles, selon lui, avec un tel projet.

Les populations craignent également un déguerpissement massif. « Si ce projet aboutit, tous les habitants de Tawa seront expulsés sans solution de relogement. Comment allons-nous survivre avec nos enfants et nos animaux ? », s’interroge Daouda Faye, évoquant également les précédentes pertes foncières liées à la construction de l’autoroute à péage, pour lesquelles les indemnisations n’auraient pas été versées.

De son côté, Saliou Ngom, notable local, estime que les informations communiquées par le maire lors d’une réunion à Ngogom ne reflétaient pas la réalité du projet. Pour Ousseynou Sène, membre du collectif, « ce projet est tout simplement impensable », d’autant plus qu’il entraînerait, selon lui, la délocalisation pure et simple de la localité de Tawa.

Le collectif se dit déterminé à engager un bras de fer si la commune persiste. « Accepter ce projet, c’est signer la fin des activités agricoles dans cette partie du département de Bambey », avertissent les populations, citées par Sud Quotidien.

Oumou Khaïry NDIAYE
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