Après La Tragédie De La Mort A L’ucad,Diomaye Et Sonko Doivent Écouter La Base De Pastef ! Par Diagne Fodé Roland

Terrible nouvelle et inacceptable la mort du jeune Abdoulaye BA, étudiant en médecine suite à l’intervention des Forces de l’Ordre à l’UCAD. Le malaise étudiant est un héritage des décennies de pouvoirs successifs néocoloniaux qui prend la forme actuelle de la question récurrente des bourses, des arriérés de bourses, des arriérés étatiques dus aux universités virtuelles et depuis la pandémie du covid du cumul des années et cycles universitaires, etc.

 

Mais force est de constater que l’État n’est pas encore exemplaire dans le Jub, Jubal, Jubanti au vu :

 

– du maintien des multiples agences clientélistes publiques et parapubliques qui font doublons avec les ministères, des distributions de millions aux footballeurs milliardaires, de voitures à coups de millions aux députés, de billets de pèlerinages clientélistes, des dépenses inutiles de certains ministères, de privilèges de postes, de non transparence et de manque de contrôle parlementaire sur les fonds politiques de la présidence, de la primature et de l’Assemblée Nationale, etc ;

 

– des attentes populaires qui perdurent de la reddition judiciaire des comptes financiers, des crimes de sang et de la répression de l’autocratie APR/BBY, notamment de l’ex-président fuyard du pays ; Les lenteurs de la justice pour les voleurs milliardaires de l’État et des mises en liberté provisoire détonnent avec l’emplissage des prisons des détenus en attente longue de jugement ou encore de condamnés pour des délits mineurs ;

 

– la non effectivité de la réduction du train de vie de l’État, de la rationalisation promise des dépenses de l’État ;

 

– des querelles infantiles entre « pro-Sonko » et « pro-Diomaye » sur le futur candidat 2029 et l’existence de « deux coalitions » pilotées par des libéraux dont les agendas sont la restauration de l’ordre ancien néocolonial libéral.

 

Au vu de la conférence de presse des ministres de l’enseignement supérieur, de l’intérieur, de la justice et des forces armées sur le drame de l’UCAD, il apparaît clairement que les services de l’État ont été incapables d’anticiper la crise scolaire universitaire, malgré l’alerte de novembre 25, et de mettre en œuvre les mesures idoines pour éviter la récidive protestataire actuelle.

 

L’habitus des méthodes néocoloniales répressives ont conduit à cette bavure qui entache la mandature présidentielle et gouvernementale pour laquelle 54% de notre peuple ont voté avant d’envoyer la majorité de 130 députés censés exercer le contrôle sur l’Exécutif et voter les lois permettant à la justice de s’exercer au nom du peuple et d’envisager la refonte de la Constitution par voie référendaire.

 

Tant que le nettoyage de l’appareil d’État néocolonial n’est pas fait, il est évident que les saboteurs et l’habitus néocoloniaux sont des enjeux et des défis posés et à résoudre dans la marche pour décoloniser à l’aide de l’antidote anti-corruption que doit être l’exemplarité dans le Jub, Jubal, Jubanti ?

 

Les populations comparent l’ancien et le nouveau, ce qui persiste et ce qui change au-delà des discours des uns et des autres ? Les discours même charismatiques ne suffiront plus au fil du temps pour convaincre, mais ce sont les actes qui seront de plus en plus décisifs dans le jugement du peuple.

 

Et certains secteurs, et c’est le cas des étudiants, pointent certaines contradictions entre les promesses du Jub, Jubal, Jubanti et les actes contraires qui montrent la persistance des pratiques néocoloniales libérales.

 

Les actes de souveraineté nationale à l’instar du refus de la restructuration de la dette dictée par le FMI/BM/Agences de notation, la révélation de la dette cachée, la recherche de ressources financières alternatives aux FMI/BM, la mobilisation de ressources internes, la baisse relative des prix, la neutralisation relative des velléités agressives de la CEDEAO/UEMOA contre l’AES, etc doivent être complétés par la prise en charge des attentes populaires en matières de reddition judiciaire des comptes financiers et des crimes de sang, d’en finir avec ce qui apparaît comme un « paccoo » entre ceux et celles qui sont au pouvoir et de prendre en charge les passifs sociaux hérités du système néocolonial.

 

Diomaye et Sonko doivent écouter la base militante de Pastef et plus largement du camp souverainiste.

 

Si le président de la République Diomaye et le premier ministre Sonko, président du parti Pastef, avaient écouté la section UCAD de Pastef demandant le retrait des Forces de l’Ordre du campus bien avant la tragédie, ce dernier n’aurait certainement pas fait sa sortie malencontreuse sur « le financement de certains étudiants par une certaine opposition ». En effet, ces délinquants présumés auraient été arrêtés et traînés preuves à l’appui devant la justice et peut-être le drame aurait été évité.

 

L’adage populaire dit « lu ken moun, fouq nio ko dax » (ce que 1 peut, 10 font mieux). Nous n’avons cessé de l’écrire depuis que le peuple nous a élu à 54% et donné 130 députés : le parti Pastef, doit être l’espace militant démocratique de la réflexion collégiale et collective des instances dirigeantes provisoires (BP, CN) et des instances de base ayant pour tâches : la liaison avec le peuple, l’élaboration des propositions stratégiques et tactiques de gouvernance et le contrôle du pouvoir Exécutif à travers son groupe des 130 députés.

 

Les « experts » et autres « spécialistes », bien qu’utiles, ne peuvent remplacer les organes démocratiques du sommet à la base devant, seuls, avoir le pouvoir de décider et d’en organiser la mise en œuvre. L’utilité des « experts » et « spécialistes » est de fournir les données permettant d’éclairer les décisions politiques. Les États anté-coloniaux comme sous le magistère de Thierno Souleymane Baal, Soundjata Keita, Sony Ali Ber, Lat Dior Diop, les Pharaons noirs de l’Egypte antique avaient tous des « scribes » ou « experts » comme Imhotep, mais seuls les organes collectifs de pouvoirs décidaient.

 

Diomaye et Sonko doivent redonner au parti, Pastef, le pouvoir collégial et collectif du sommet à la base d’être au cœur décisionnel de l’étape actuelle de redressement dans la transition préparatoire de l’étape suivante de la marche de notre peuple vers la souveraineté nationale panafricaine. Pastef, même interdit et réprimé avec Sonko, Diomaye et 2000 autres en prison a été capable de poursuivre la résistance multiforme et protéiforme qui a contraint la dictature de l’APR/BBY à reculer et céder sur l’élection du 24 mars 2024.

 

Sonko et Diomaye doivent s’atteler, ensemble, à préparer de façon inclusive le 1er congrès de Pastef.

 

Diomaye mooy Sonko, écoutez nous !

 

Toutes nos condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à la communauté estudiantine et scolaire, plus jamais çà !

Saphiétou Mbengue
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