L’affaire Softcare continue de susciter de vives réactions sur la scène politique et sanitaire. Après la mise en place d’une mission d’information parlementaire, des députés réclament désormais l’audition du directeur général de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), sur fond de tensions internes et de dénonciations syndicales.
Le scandale lié à l’entreprise Softcare, spécialisée dans la fabrication de couches et de serviettes hygiéniques, est loin de connaître son épilogue. Selon Sud Quotidien, trois députés ont officiellement demandé l’audition du directeur général de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), le Dr Alioune Ibnou Talib Diouf, dans le cadre de l’affaire dite « Softcare ».
Cette démarche intervient peu après l’installation, le lundi 5 janvier 2026, d’une mission d’information parlementaire chargée de faire la lumière sur la commercialisation de produits de cette filiale sénégalaise du groupe chinois Sunda International. L’affaire repose sur un double scandale : la présence présumée de matières premières périmées dans le processus de fabrication et une tentative alléguée de corruption visant des agents de l’Inspection et de la Surveillance du marché de l’ARP.
Les députés El Hadji Ousmane Fall, Ousmane Diop et Ousmane Cissé ont saisi, par correspondance officielle, la Commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale de l’Assemblée nationale. Ils sollicitent, à travers cette démarche, l’intervention du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique afin d’entendre le directeur général de l’ARP sur les dysfonctionnements relevés au sein de l’agence.
Cette initiative parlementaire s’inscrit dans un climat social tendu au sein même de l’ARP. Dans un communiqué rendu public le jeudi 8 janvier 2026, l’intersyndicale des agents a dénoncé des retenues sur salaires et des tentatives de sanctions contre des membres réclamant la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. Les syndicats évoquent également une crise grave marquée par une mauvaise gouvernance et des menaces émanant de la Direction.
Pour rappel, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) avait déjà interpellé les autorités, le 18 décembre dernier, appelant le gouvernement à statuer de manière « responsable et impartiale » sur ce dossier sensible, comme le rapporte Sud Quotidien.

