La détention de supporters sénégalais à Rabat, à la suite d’incidents en marge d’une rencontre internationale, suscite une vive émotion. Dans un contexte marqué par des tensions sportives récurrentes, des voix s’élèvent pour appeler à une décision judiciaire apaisée, afin de préserver les relations historiques entre le Sénégal et le Maroc.
Partis de Dakar avec l’enthousiasme qui caractérise le célèbre « douzième Gaïndé », des supporters de l’équipe nationale du Sénégal se retrouvent aujourd’hui détenus à Rabat. Une situation qualifiée par certains observateurs de « mise en cage » pour ce qui est présenté comme un crime de lèse-majesté sportive, dans un climat où le chauvinisme semble parfois l’emporter sur le fair-play, rapporte Le Témoin.
Après Kinshasa, en République démocratique du Congo, où les Lions avaient déjà frôlé l’incident en septembre 2025, c’est au Maroc que l’équipe nationale et ses supporters se retrouvent de nouveau au cœur d’une polémique. Ces tensions interviennent dans le sillage des erreurs ayant terni la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, pour lesquelles la Fédération sénégalaise de football a pris acte des sanctions de la CAF, sans céder à la contestation, afin de rester concentrée sur les préparatifs de la Coupe du monde.
Dans ce contexte, le Dr Papa Abdoulaye Seck a appelé à la retenue, recommandant à la Fédération de « garder sa sérénité pour choisir le bon terrain, le bon moment et la forme du combat ». Une posture qui, selon plusieurs analystes, devrait également inspirer les autorités judiciaires marocaines appelées à statuer sur le sort des supporters.
Au-delà des stades, les enjeux sont diplomatiques et historiques. À Dakar, à Saint-Louis, comme dans les universités sénégalaises et marocaines, des appels sont lancés pour que la justice soit ressentie « comme celle d’une mère qui apaise et libère », souligne Le Témoin, estimant qu’une libération des supporters renforcerait la fraternité entre les deux peuples plutôt que de nourrir rancœur et incompréhension.

