À quelques jours de l’audience de détermination de la peine de Modou Ngom, annoncée pour le 29 octobre 2026 aux États-Unis, Horizon Sans Frontières (HSF) plaide pour la mise en place urgente d’un comité d’accompagnement juridique, consulaire et humanitaire. L’organisation entend favoriser une démarche structurée, dans le respect des droits de la défense et sans occulter la douleur des victimes de l’accident.
L’affaire Modou Ngom continue de susciter des réactions au Sénégal. Ce ressortissant sénégalais, reconnu coupable aux États-Unis à la suite d’un grave accident de la circulation ayant coûté la vie à trois personnes, dont un enfant, et occasionné plusieurs blessés, doit prochainement connaître la peine qui lui sera infligée. Face à cette échéance, Horizon Sans Frontières appelle à dépasser les élans de solidarité émotionnelle pour privilégier une assistance organisée et juridiquement encadrée.
Dans une déclaration signée par son président, Boubacar Sèye, consultant-chercheur en migrations internationales, HSF propose la création rapide d’un comité réunissant des juristes sénégalais et américains, des spécialistes du droit pénal de l’Ohio, des représentants de la diaspora, des acteurs de la société civile et des personnes ressources susceptibles d’accompagner la famille.
Un accompagnement juridique structuré
Pour l’organisation, la priorité doit être de travailler en étroite collaboration avec l’avocat de Modou Ngom, seul à même d’apprécier les démarches pertinentes au regard du droit applicable. HSF préconise notamment un examen indépendant du dossier afin de vérifier la décision de culpabilité, les chefs d’accusation, les éléments de preuve et les éventuelles voies de recours encore ouvertes.
Le comité pourrait également contribuer à la constitution d’un dossier documenté sur la situation personnelle et familiale du condamné, son parcours et tout élément pertinent susceptible d’être examiné dans le cadre de la détermination de la peine. Ces informations devraient être vérifiables et soumises à l’appréciation de la défense.
L’organisation souhaite aussi que soient étudiées les possibilités de recours et les marges d’individualisation de la sanction prévues par la législation de l’Ohio. Elle insiste toutefois sur la nécessité de distinguer les recours judiciaires d’une éventuelle demande de clémence, qui obéit à des conditions et à des objectifs différents.
L’État du Sénégal interpellé
Au-delà de l’assistance juridique, HSF sollicite une implication active des autorités sénégalaises, notamment du ministère des Affaires étrangères et des services consulaires compétents. L’organisation plaide pour des contacts réguliers avec le ressortissant sénégalais et sa famille, une meilleure compréhension des procédures judiciaires ainsi qu’une facilitation des échanges entre les proches, la défense et les interlocuteurs institutionnels.
Cette assistance, souligne HSF, ne saurait être assimilée à une intervention dans les décisions de la justice américaine. Elle doit plutôt permettre à un citoyen sénégalais confronté à une situation particulièrement éprouvante de bénéficier d’un accompagnement digne et effectif.
Ne pas oublier les victimes
HSF tient néanmoins à préciser que son initiative ne vise ni à minimiser la gravité de l’accident ni à nier la souffrance des familles endeuillées. Pour l’organisation, le respect des droits de la personne condamnée et la reconnaissance de la douleur des victimes constituent deux exigences compatibles d’une justice responsable.
Toute démarche de clémence, si elle est juridiquement envisageable, devrait ainsi reposer sur des éléments humains documentés, sans négation du drame. HSF recommande également une communication mesurée afin d’éviter les informations non vérifiées ou les déclarations susceptibles de nuire à la défense et de raviver la douleur des proches.
À travers cette affaire, l’organisation souhaite enfin ouvrir une réflexion plus large sur l’assistance juridique aux Sénégalais établis à l’étranger, notamment lorsqu’ils sont confrontés à des procédures pénales complexes. À l’approche du 29 octobre, son appel se veut pressant : coordonner les efforts, consolider l’accompagnement et examiner toutes les démarches légalement possibles, dans le respect des institutions judiciaires.

