Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheikh Ba, est monté au créneau pour défendre le travail du Pôle judiciaire financier (PJF), estimant que les critiques formulées contre cette juridiction spécialisée relèvent davantage d’une lecture politique que d’une analyse objective de son action.
Selon Walf-groupe.com, le magistrat, invité de l’émission Jury du Dimanche, a rappelé que le rôle du juge consiste exclusivement à appliquer la loi telle qu’elle est votée par le législateur, et non à en déterminer le contenu. Il a ainsi dénoncé une tendance persistante au Sénégal à apprécier les décisions judiciaires en fonction de l’identité des personnes poursuivies plutôt qu’au regard des faits et des textes de loi.
« Le juge ne connaît pas les personnes en fonction de leur statut. Il est saisi de faits régis par des lois adoptées selon les procédures prévues. Le juge ne fait pas la loi, il l’applique », a notamment déclaré Cheikh Ba, rapporte Walf-groupe.com.
Le président de l’UMS a également défendu le bilan du Pôle judiciaire financier, mis en place le 17 septembre 2024. D’après les chiffres qu’il a dévoilés, cette juridiction a traité 615 dossiers en deux années d’activité, procédé à 1 090 arrestations et permis le recouvrement de plus de 36,4 milliards de francs CFA au profit de la Caisse des dépôts et consignations grâce aux garanties et saisies effectuées.
Pour Cheikh Ba, ces résultats démontrent l’efficacité de cette juridiction spécialisée dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Il estime que les accusations de lenteur ou de ciblage de certaines personnalités ne reposent sur aucun élément objectif.
Le président de l’UMS met ainsi en garde contre toute tentative de fragiliser une institution qu’il considère comme essentielle au renforcement de la gouvernance financière et à la lutte contre la corruption. À ses yeux, les débats autour du Pôle judiciaire financier doivent s’appuyer sur des faits et non sur des considérations politiques.

