Ngaye Meckhé, pôle stratégique du cuir : Magatte Wade plaide pour une industrialisation porteuse de souveraineté

Dotée d’un savoir-faire artisanal reconnu et d’un potentiel économique estimé à près de 40 milliards de FCFA par an, la commune de Ngaye Meckhé ambitionne de devenir le moteur de la filière peaux et cuir au Sénégal. Le maire Magatte Wade appelle à un investissement structurant pour transformer cette richesse locale en levier d’industrialisation et d’autonomie économique.

La commune de Ngaye Meckhé, située au cœur du Cayor, s’affirme progressivement comme un pôle majeur de production artisanale dans la filière peaux et cuir. Selon des données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la localité compte plus de 1 400 ateliers artisanaux, dont environ 450 spécialisés dans la cordonnerie, faisant de ce secteur un véritable socle économique local.

Avec une capacité moyenne de production de 40 paires de chaussures par jour et par atelier, la commune pourrait générer un chiffre d’affaires annuel dépassant 60 millions d’euros, soit près de 40 milliards de FCFA. Cette dynamique, qui fait vivre des milliers de familles, repose toutefois encore largement sur des procédés artisanaux, limitant la pleine valorisation de la chaîne de valeur.

Dans une contribution consacrée au potentiel économique de la zone, le maire Magatte Wade souligne l’urgence d’un passage à l’échelle industrielle. Il déplore notamment la persistance d’un modèle économique marqué par l’exportation de peaux brutes et l’importation de cuir transformé ou de produits finis, situation qu’il juge incompatible avec les ambitions de souveraineté industrielle du pays.

Pourtant, l’écosystème local offre déjà plusieurs atouts structurants : une tannerie végétale traditionnelle, un centre de formation dédié aux métiers du cuir, une unité de cordonnerie, une Maison de l’Outil, un site d’exposition artisanale ainsi qu’un terrain d’un hectare destiné à accueillir un futur village artisanal.

Dans cette perspective, un projet de tannerie industrielle évalué à environ 7 milliards de FCFA est à l’étude. L’infrastructure envisagée intégrerait une double ligne de production végétale et minérale capable de traiter jusqu’à 3 500 peaux par jour, ouvrant la voie à une transformation locale à forte valeur ajoutée.

Alors que l’État ambitionne de mobiliser près de 1 500 milliards de FCFA pour développer l’ensemble de la filière, les autorités municipales estiment qu’un investissement d’environ 10 milliards de FCFA à Ngaye Meckhé pourrait servir de projet pilote et catalyseur pour l’industrialisation nationale du secteur.

Au-delà d’un simple projet industriel, l’initiative est présentée comme un acte stratégique visant à renforcer la souveraineté économique et à moderniser un savoir-faire historique. Pour Magatte Wade, le potentiel du cuir sénégalais demeure considérable et Ngaye Meckhé se dit prête à incarner ce nouveau souffle attendu par toute la filière.

Michel DIEYE

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