Bourses impayées à l’UCAD : la colère des étudiants de Master 1 ravivée , une grève illimitée relancée

À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la colère des étudiants de Master 1 refait surface. Confrontés à des retards de bourses pouvant atteindre treize mois, ils ont décrété une grève illimitée, sur fond de désaccord profond avec le collectif des amicales.

La tension est de nouveau palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Les étudiants inscrits en Master 1 ont décidé de relancer la mobilisation en décrétant une grève illimitée, pour exiger le paiement intégral de leurs bourses. Une situation qui, selon eux, les plonge dans une précarité devenue « intenable », rapporte Le Témoin.

Au cœur de la contestation, des retards de paiement allant jusqu’à treize mois. Les étudiants dénoncent l’absence de mesures concrètes malgré les engagements annoncés en décembre dernier, à la suite de violentes manifestations ayant secoué le campus. À l’époque, le collectif des amicales de l’UCAD avait suspendu son mot d’ordre de grève après des propositions de sortie de crise, notamment un versement de 300 000 francs CFA en février 2026, suivi soit de 215 000 francs CFA en avril, soit d’un étalement du reliquat jusqu’en septembre 2026.

Sur le terrain, la réalité serait toute autre. « Certains camarades n’ont reçu que 40 000 francs CFA alors qu’ils devraient percevoir 155 000 francs CFA », déplore un représentant du collectif des étudiants de Master 1, cité par Le Témoin. Selon eux, aucun paiement effectif n’a été enregistré depuis décembre, contrairement aux informations relayées sur les réseaux sociaux.

Une rupture avec le collectif des amicales

Cette reprise de la grève révèle une fracture ouverte entre les étudiants de Master 1 et le collectif des amicales de l’UCAD. Les grévistes accusent cette structure de recul face aux autorités et de privilégier des médiations religieuses jugées inefficaces. Une accusation fermement rejetée par Bathie Fall, représentant du collectif des amicales, qui affirme que les récents troubles ne sont pas de leur fait.

« C’est le même combat, mais la méthode employée n’est plus appropriée », soutient-il, insistant sur la nécessité de préserver la quiétude universitaire. Il affirme que les cours se déroulent normalement sur le campus pédagogique, tout en dénonçant des échauffourées survenues en marge d’événements sportifs.

Des négociations toujours au point mort

Malgré les divergences, un constat s’impose : le problème des bourses demeure entier. Le collectif des amicales reconnaît qu’aucun versement n’a été effectué depuis la suspension de la grève en décembre. Plusieurs démarches ont pourtant été entreprises, dont une rencontre ministérielle le 28 décembre et une demande d’audience adressée à la présidence de la République.

Pendant ce temps, les étudiants de Master 1 maintiennent la pression. Ils exigent le paiement intégral des 515 000 francs CFA qui leur sont dus et promettent d’aller « jusqu’au bout ». Tant que la question des bourses restera sans réponse concrète, la stabilité du campus de l’UCAD reste incertaine.

Mamadou Nancy Fall
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