Affaire SAPCO -Litige foncier à Saly : des adjoints au maire condamnés pour troubles à l’ordre public

Le différend foncier opposant la commune de Saly à la SAPCO a connu un important dénouement judiciaire. Six responsables municipaux et locaux ont été reconnus coupables de troubles à l’ordre public et de vandalisme, à l’issue d’un procès très suivi.

Le Tribunal de grande instance de Mbour a rendu, hier, son verdict dans l’affaire du litige foncier opposant la commune de Saly à la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques (SAPCO), selon le quotidien L’As.

Trois adjoints au maire et le président de la zone 7C, accompagnés de deux autres responsables, ont été déclarés coupables et condamnés à deux mois de prison avec sursis, assortis de dommages estimés à 12 millions de francs CFA.

Les prévenus — Penda Seck, Babacar Guèye, Ibrahima Djigal, Ndongo Fall, Famara Dioly Sané et Bécaye Dieng — étaient poursuivis pour incitation à une manifestation non autorisée, troubles à l’ordre public, vandalisme et destruction de biens appartenant à autrui. Ils avaient passé deux semaines en détention préventive.

À la barre, il est apparu que l’affaire trouve son origine dans un terrain de trois hectares que la SAPCO avait attribué à la mairie pour la construction d’un centre de santé moderne. Malgré des démarches entamées depuis 2017, la municipalité n’avait jamais pu entrer en possession du site, la situation dégénérant après l’interdiction d’accès au terrain.

Des appels à la mobilisation, relayés sur les réseaux sociaux à travers des messages audio jugés incendiaires, ont précédé des actes de vandalisme et des affrontements avec les forces de défense et de sécurité. Des pneus ont été brûlés et la route barricadée par des jeunes.

Face au juge, certains prévenus ont reconnu avoir appelé à saccager les installations, tandis que d’autres ont nié toute incitation directe à la violence. Le procureur a particulièrement dénoncé un projet présumé d’incendie d’un hôtel appartenant à l’État, qualifié de fait « gravissime ». Finalement, le tribunal a suivi l’accusation, indique le quotidien L’As, condamnant l’ensemble des mis en cause.

Oumou Khaïry NDIAYE
Up Next

Related Posts