À l’approche de la première Journée nationale de la diaspora, le chercheur Hamidou Dia appelle à une refonte ambitieuse de la gouvernance migratoire au Sénégal. Il propose la mise en place d’un grand ministère fédérateur, capable de coordonner efficacement les multiples structures intervenant dans le secteur des migrations.
La question de la diaspora sénégalaise revient au cœur du débat institutionnel. Dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), le chercheur Hamidou Dia, spécialiste des migrations et des questions éducatives, préconise la création d’un « grand ministère des Sénégalais de l’extérieur » regroupant l’ensemble des structures aujourd’hui dispersées entre plusieurs départements ministériels.
Selon lui, cette nouvelle entité pourrait s’inspirer du modèle du ministère des Infrastructures, reconnu pour sa capacité de coordination dans la nouvelle architecture gouvernementale. « Il faut un retour à un grand ministère qui fédère toutes les structures éparpillées », a-t-il plaidé dans cet entretien avec l’APS, soulignant la nécessité d’une vision cohérente et transversale des politiques migratoires.
Hamidou Dia rappelle, par ailleurs, que le Premier ministre Ousmane Sonko avait proposé la création d’une Haute autorité de la diaspora, une initiative encore en attente de configuration officielle. À ses yeux, cette réflexion doit s’appuyer sur les expériences passées, notamment celles du Conseil supérieur des Sénégalais de l’extérieur et du Haut conseil des Sénégalais de l’extérieur, afin d’éviter les écueils institutionnels déjà observés.
Chercheur titulaire à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et membre de l’unité mixte de recherche du Centre population et développement (CEPED) de l’Université Paris Cité, Hamidou Dia estime que l’institution de la Journée nationale de la diaspora constitue une opportunité stratégique. Elle permettra, selon lui, au Sénégal de mieux connaître ses ressortissants établis à l’étranger, tout en offrant à la diaspora une meilleure compréhension des mutations rapides que connaît le pays.
Le spécialiste juge « opportune » cette journée dédiée, qu’il considère comme un acte de reconnaissance symbolique et politique des Sénégalais de l’extérieur. Journaliste diplômé du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), il rappelle que depuis le début des années 1980, les pouvoirs publics intègrent progressivement la question migratoire dans les projets nationaux.
Au-delà des transferts financiers, estimés à près de 10 % du PIB national, la diaspora représente, selon lui, un levier stratégique de développement, de compétences et d’influence. La Journée nationale de la diaspora apparaît ainsi comme une étape supplémentaire dans un processus continu de valorisation des émigrés sénégalais, rapporte encore l’APS.

