Réfugié en Guinée-Bissau depuis la chute de Yahya Jammeh, l’ex-officier gambien Sanna Manjang est tombé samedi dernier dans une opération menée par l’Armée sénégalaise en Casamance, mettant un coup d’arrêt à une tentative de déstabilisation régionale.
Ex-membre des redoutés escadrons de la mort de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, le lieutenant-colonel Sanna Manjang a été interpellé samedi 30 novembre 2025 aux environs de 6 heures du matin. L’opération a été conduite par les unités du Commandement de la Zone militaire n°5 de Ziguinchor, dans une cache située dans la forêt de Bassène, en Casamance.
D’après Le Témoin, l’ex-officier gambien tentait de rejoindre discrètement la Gambie après s’être réfugié en Guinée-Bissau à la chute de Jammeh en 2017. Il nourrissait l’espoir de « préparer » un retour de l’ancien dictateur, dans un contexte sous-régional jugé sensible à l’approche des échéances électorales.
L’arrestation intervient après un renforcement du dispositif sécuritaire sénégalais le long des frontières avec la Guinée-Bissau et la Gambie. Cette stratégie proactive, mêlant anticipation et prévention, a fini par porter ses fruits avec la neutralisation d’une cellule qualifiée de « dormante ».
Contrairement à certaines communications officielles gambiennes évoquant une opération conjointe, Le Témoin affirme que l’intervention est exclusivement l’œuvre de l’Armée sénégalaise. Le quotidien parle d’un « succès stratégique » qui contribue à la stabilité politique de la Gambie.
Sanna Manjang est cité dans plusieurs assassinats politiques et exécutions extrajudiciaires, notamment dans l’affaire du journaliste Deyda Hydara, tué à Banjul en 2004. Les travaux de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) l’avaient déjà épinglé pour son rôle central dans les crimes du régime Jammeh. Il devrait être extradé vers la Gambie à la demande des autorités judiciaires de Banjul.

