Violence contre une actrice : la TV5 Monde ne diffusera pas la série « Le trône » du réalisateur Tahirou Tasséré Ouédraogo

La chaîne de télévision TV5 Monde a annoncé le 2 mars dernier, qu’elle ne diffusera pas la série « Le trône » et ne collaborera plus jamais avec son réalisateur Tahirou Tasséré Ouédraogo. L’information a été rendue publique dans un communiqué de Marjorie Vella, la directrice adjointe des programmes de TV5 Monde, nous dit Ecofin.

Un boycott de la série a été lancé la veille, en plein FESPACO 2019, où elle était en compétition, après un témoignage de la réalisatrice Azata Soro. Tahirou Tasséré Ouédraogo avait lacéré, à cause d’un différend, le visage de la jeune femme en plein tournage de « Le trône », en 2017. La justice avait condamné le réalisateur, mais ce dernier n’avait pas été désavoué par la profession et n’aurait jamais versé les intérêts dus à son ancienne assistante.

« Après le procès, nous avons demandé au réalisateur d’appliquer le jugement dans tous ses aspects et d’indemniser la victime. Si ce n’est pas fait, on ne pourra plus jamais travailler avec lui.», a déclaré David Kessler, directeur d’Orange Studio, la filiale cinéma de l’opérateur de télécommunications éponyme. L’entreprise a coproduit la saison 1 de « Le trône » avant l’incident, mais annonce déjà son intention de ne pas participer à la production de la saison 2.

Ecofin rappelle que le réalisateur incriminé est le frère du légendaire réalisateur burkinabé Idrissa Ouédraogo, décédé il y a quelques mois.

Le témoignage d’Azata Soro était intervenu durant une table ronde sur « La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora », organisée le 27 février durant les manifestations du FESPACO. Pour beaucoup, cette table ronde lance le #MeToo, du nom du célèbre mouvement contre les agressions subies par les femmes, de l’industrie cinématographique africaine. Durant la table ronde, de nombreuses actrices africaines ont révélé subir des agressions sexuelles dans le cadre de leur métier.

Sur le modèle du #MeToo, les actrices africaines ont lancé le #Memepaspeur pour dénoncer les exactions dont elles sont victimes. Prévu pour entrer dans l’histoire en tant que première édition intégrant les films d’animation, ce FESPACO 2019 a également libéré la parole des femmes intervenant dans le cinéma africain sur leurs conditions de travail.

Oumou Khaïry NDIAYE
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