Un kankourang sème la terreur à Karantaba : Une enseignante agressée, le domicile du sous-préfet attaqué

Située à environ 12 km de Sédhiou, la commune de Karantaba, pourtant réputée pour son calme et sa  » sainteté », a été le théâtre d’une violente  manifestation spontanée  de jeunes en furie.

C’est un kankourang qui est à l’origine de cette émeute étouffée de justesse, car elle aurait pu  déboucher sur l’irréparable. Qui sait, si le sang n’allait pas couler ?

Heureusement, qu’il y a eu plus de peur que de mal, la tension provoquée hier soir ( lundi) par un kankourang, est tombée d’un cran ce mardi matin.

L’incident malheureux a éclaté aux environs de 19 heures, lorsque Mme. Barry, professeur d’histoire et de géographie au lycée de la localité, a été surprise et battue par un kankourang sur son chemin de retour de l’école.

Son sort aurait pu être pire si un passant ne s’était pas interposé. Heureusement pour elle, les coups de coupecoupes  encaissés n’ont pas entraîné de blessures ouvertes.

Choqué par cette agression, le sous-préfet  a automatiquement réagi en condamnant un  » acte inadmissible ».

Mais sa réaction a été mal vue, par une partie de la population dont les jeunes en majorité. Ces derniers ont estimé que c’est Mme Barry  qui est fautive parce qu’elle a osé croiser le kankourang sur son chemin alors qu’elle aurait dû fuir.

Ainsi aux environs de 22 heures une foule de jeunes en furie a osé s’attaquer au domicile du sous-préfet qu’ils accusent d’avoir foulé aux pieds leur culture en se dressant contre le kankourang.

Mais les policiers en poste devant l’institution sous-préfectorale ont énergiquement fait face aux envahisseurs qui ont fini par lâcher prise, tard dans la nuit, après avoir essuyé des tirs nourris de bombes lacrymogènes.

Un détachement des forces de l’ordre venu de Samine n’a pu ‘’entrer en jeu’’. Au moment de son arrivée, la menace était déjà maîtrisée.

Par solidarité à Mme Barry, le collectif des enseignants, qui regroupe tous les enseignants du près scolaire au secondaire, a décidé de suspendre les cours pour les prochaines 72 heures en attendant d’y voir clair.

Le collectif des enseignants invite les autorités compétentes à sévir pour que plus pareil cas,  qui commence à devenir monnaie courante, ne se reproduise.

En effet, c’est la énième fois que les enseignants sont victimes des agissements violents d’un kankourang.

Il y a quatre ans, témoigne M. Wone un professeur de LHG au CEM de Karantaba, » j’ai été tabassé chez moi par un kankourang. Je voulais porter plainte à l’époque mais les notables m’en ont dissuadé, tout en promettant que plus jamais, nous ne serions inquiétés par le kankourang ». Mais les  voilà (organisateurs du kankourang) qui recommencent, s’est-il offusqué.

Jean Nzalé

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