Un ex-officier de policier encourt un an de prison ferme pour escroquerie au visa

Les candidats à l’émigration sont de plus en plus nombreux, les escrocs de plus en plus ingénieux. Les derniers nommés ne cessent de déplumer les premiers. Conséquence : les cas d’escroquerie au visa font florès. Avant-hier, un infirmier a été jugé pour les mêmes faits. Hier, c’était au tour d’un ancien officier de police de comparaître pour le même délit.

Les faits se sont déroulés, il y a cinq ans. En 2010, Ousseynou Ndiaye est allé voir l’officier de police Gade Ndiaye, aujourd’hui à la retraite, pour lui exposer son désir de voyager. Pour cela, il lui fallait un visa Schengen. Selon ses dires, le policier l’a tout de suite rassuré, en lui disant qu’il pouvait le mettre en rapport avec le nommé Moussa Ndiaye, qui n’est autre que le frère de Bamba Ndiaye, ministre conseiller sous Wade.

Les deux nommés ne servaient que d’intermédiaires pour le ministre. Puisque d’après les faits, c’est Bamba Ndiaye qui a reçu Ousmane Ndiaye à la présidence, avant de lui réclamer la somme de trois millions cinq cent mille F CFA.

Ce jour-là, la partie civile n’avait que cinq cent mille F CFA sur lui. L’ancien ministre lui a demandé de les remettre et de verser cinq cent autres mille F CFA à Gade Ndiaye. Ce million de F Cfa devait servir d’acompte pour les premiers frais de procédure.

Il avait ensuite versé le reste de l’argent à l’officier de police qui lui a remis une enveloppe montrant que seul le visa de Turquie était disponible. C’est alors qu’il avait porté plainte contre les deux frères qui ont été jugés par la Chambre correctionnelle, avant d’être relaxés.

Après avoir relaté les faits à la barre, Ousseynou Ndiaye a, par le biais de son avocat, demandé un montant de 5 millions en guise de dommages et d’intérêts. Selon la robe noire, le plaignant a dû dépenser une somme avoisinant les  quatre millions de F CFA.

Le procureur qui a soutenu que tous les trois devaient comparaître pour association de malfaiteurs et escroquerie a requis une peine d’emprisonnement d’un an ferme contre Gade Ndiaye. A l’en croire, même si d’emblée l’on pouvait retenir un simple fait de complicité, le prévenu ne peut nullement en bénéficier, étant entendu qu’il est un habitué des faits.

La défense a dit son incompréhension devant la tournure de cette affaire. Aux yeux de l’avocat, il est inconcevable de relaxer les principaux concernés pour retenir son client. Il a demandé la relaxe pure et simple de son client, puisqu’on le considère comme un présumé complice.

Toutefois, le policier à la retraite restera encore cinq jours en prison, avant de connaître le sort que lui réserve le tribunal des flagrants délits. Le juge a fixé le délibéré au 3 août 2015. D’ici là, l’ancien policier, qui a derrière lui 25 ans de carrière, a le loisir de méditer sur son sort…

‘’Source Enquête’’

 

 

Momar Diack SECK
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