Très généreux avec l’argent du contribuable, Zale payait depuis 19 ans une pension à des morts…

Cette affaire d’escroquerie porte sur les deniers publics. Il implique un agent du ministère des Finances qui depuis 19 ans, payait la pension à des morts. Il avait atteint la somme de 403 millions, avant que le pot aux roses ne soit découvert…
Le Journal ‘’EnQuête’’ d’où Lactuacho tient cette info, révèle que pendant 19 ans, Saliou Diop, l’ancien chef du bureau de coordination de la direction de la solde des pensions et des rentes viagères payaient à Amadou Diouf, Alioune Diallo, Omar Diouf … leurs pensions, alors que ces retraités sont décédés depuis 1994. L’homme a profité d’une faille du système pour commettre son forfait.

Selon l’accusation, nous dit le journal, il créait des dossiers fictifs et attribuait des numéros à des connaissances. Mais son stratagème été découvert en 2013 par l’Agent judiciaire de l’Etat qui avait constaté un déficit dans les caisses.
Dans sa plainte adressée au Procureur de la République, l’AJE chiffrait le manquant à 403 millions 25 mille francs CFA, tout en indiquant que l’ancien fonctionnaire a commencé ses agissements en 98.

“Je reconnais les faits, mais je conteste les montants, car il y a un problème dans la durée, parce qu’ils ont pris comme référence l’année 94, or c’est en décembre 1998 que tout a commencé”, a soutenu le prévenu  incarcéré pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur les derniers publics et faux et usage de faux dans un document public authentique.

Au-delà de minorer le préjudice arrêté à 250 millions de francs CFA, après instruction, le prévenu a également nié le faux. “Il n’y a pas de faux, car ce sont des dossiers en bonne et due forme, constitués par les défunts avant leur décès que j’utilisais. J’étais le dernier maillon de la chaîne”, s’est justifié M. Diop.

EnQuête, nous dit que quel que soit le montant du préjudice, lorsque les défunts étaient payés, les 2/3 lui revenaient. Le tiers restant allait à son complice décédé en cours d’information. L’instruction a révélé que le défunt a perçu plus de 130 millions de francs CFA.

Et d’après les précisions apportées par le substitut du procureur, lorsque son complice était malade, le prévenu travaillait avec l’épouse de ce dernier.

Selon toujours le journal, compte tenu des aveux faits par Saliou Diop, depuis l’instruction, le substitut a requis deux peines de 10 ans pour association de malfaiteurs et escroquerie portant sur les deniers publics, et six ans pour le délit de faux.

La défense est restée persuadée qu’il y a des zones d’ombre dans cette affaire. Car, aux yeux de Me Pape Samba So, l’enquête n’a pas pu encore déterminer le montant exact du préjudice.

Pointant un doigt accusateur sur la faille du système, l’avocat a estimé que toute la faute ne doit pas retomber sur son client. Sur sa lancée, Me So a sollicité la clémence et la compréhension des juges pour faire libérer le sexagénaire.

“Il a tout perdu alors que c’est un retraité. Sa vie entière est détruite pour de petits montants”, a imploré Me So. Sur ce, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 10 mars prochain.

Oumou Khaïry NDIAYE
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