TERRORISME : L’Afrique de l’Ouest, un territoire de plus en plus prisé

Depuis presque une décennie, l’Afrique de l’Ouest est devenu un terrain de convoitise des terroristes islamistes après leurs désillusions dans plusieurs parties du monde. Ils trouvent en Afrique occidentale, un terrain propice pour mener à bien leurs activités et la mise en œuvre de leur stratégie.

Après leurs déconvenues dans plusieurs zones du monde où ils ont essayé par divers moyens de construire un état ou de capturer des otages, ou bien même de s’attaquer principalement aux intérêts des occidentaux, les terroristes semblent trouver enfin en Afrique de l’Ouest un terrain fertile, propice pour mener leurs actions de recrutements et de dérouler leur stratégie. En effet, l’intérêt de s’y implanter est dû aux avantages que leurs offrent la nature avec de grands espaces faiblement peuplés et mal sécurisés, la situation socio-économique et politique fragile de la zone caractérisée par la pauvreté et l’instabilité politique dans la majorité des États.

Tout s’est accéléré avec le démantèlement en 2011 de la Libye par les occidentaux, malgré l’opposition de l’UA, entrainant la prolifération des armes dans les pays limitrophes, facilitée par le retour de combattants fuyant les exactions des groupes armées aux intérêts divergents, qui se sont partagés le pays. Cette situation catastrophique a poussé les États africains à prendre la ferme décision de s’organiser pour lutter contre ce fléau. C’est dans cette optique que le G5 Sahel, un cadre institutionnel de coopération regroupant cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad), a été créé en 2014. Il a pour but de créer les conditions de sécurité et de développement de la zone sahélienne afin de faire face au défi terroriste et à la croissance démographique de la zone. Mais selon Pierre Lapaque, Chef du bureau Drogues et Crimes de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, les interventions belliqueuses de certains partenaires, comme la communauté internationale, mèneront à l’explosion des menaces dans la sous-région car les djihadistes qui ont assailli le Mali depuis 2012 se sont dispersés dans d’autres régions et restent des ex-membres sympathisants que les groupes armés peuvent solliciter pour des actions.

Selon lui, « l’inquiétude face aux menaces terroristes en Afrique de l’Ouest est d’ordre électorale et économique ». « Les politiciens évitent d’aborder le sujet de l’Islam radical car ils courtisent les voix des musulmans », déplore-t-il. Pour Bakary Samb, Directeur de l’institut Timbuktu et coordonnateur de l’observatoire sur le radicalisme religieux et les conflits en Afrique, « le Sénégal évite la lutte contre le terrorisme pour ne pas alarmer les touristes et investisseurs étrangers et les faire fuir ». Raison pour laquelle, il lance un appel pour un procès équitable des terroristes. « Le procès équitable des terroristes pourrait servir de leçon et contribuer à décourager les nouveaux aspirants en les empêchant de rejoindre les groupes djihadistes », a-t-il déclaré. C’était lors d’une conférence de presse tenue hier au siège de cette structure. Au paravent le théâtre du djihadiste était l’Afrique du Nord et en Mauritanie où des attentats avaient déjà eu lieu. Ce fut le tour du Nigeria et du Niger en 2011, du Mali à partir de 2012, du Cameroun en 2013, du Tchad en 2015, du Burkina Faso et de la cote d’Ivoire en 2016. Aujourd’hui aucun pays de l’Afrique de l’Ouest abritant des ambassades, des organisations internationales, des entreprises multinationales d’origine occidentale n’est à l’abri de menace. Le Sénégal et la Guinée qui ont envoyés des contingents au Mali sous la bannière de l’ONU, sont particulièrement visés.

Saër DIAL

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Saër DIAL

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