Tension entre magistrats et avocats : Quand la position figée de Mme le Juge rend les choses difficiles

Un malentendu qui ravive la tension récente entre magistrats et avocats, c’est que le Palais de Justice de Dakar a vécu hier, mercredi.

Un malentendu, parce que Me Marie Wade de qui l’incident est parti a commis une erreur en se présentant à la barre sans robe d’avocat pour parler un de ses collègues.

Rappelée à l’ordre par Me Racky Dème le juge, l’avocate française a décliné sa profession, mais comme elle ne portait pas de robe, Mme Dème lui a signifié que rien le prouve. L’avocate qui avait sa carte a essayé de se présenter, mais là aussi, Mme le juge selon ses propos rapportés par le journal ‘’l’Obs’’, « n’en avait cure ! ».

Et ce fut le début d’un échange houleux qui aboutit à la mise au box des accusés de l’avocate Me Marie Wade pendant cinq heures, même si jusque-là, ce n’était qu’un malentendu qui a mal tourné.

Mais là où cette situation vire au conflit, c’est la réaction de Mme le juge, quand le bâtonnier, accompagné de quelques avocats, faisant profil bas pour sa collègue, a présenté ses excuses à Mme le juge, expliquant que l’avocate française, conformément au règlement a rempli ses obligations légales et déontologiques.

Donc, selon l’article 6 du règlement No 5 de l’UEMOA «  Seul l’avocat général, après avis du bâtonnier, peut arrêter un avocat ».

« C’est un incident malheureux, une situation pénible pour nous tous. Et nous demandons votre compréhension », avait déclaré en signe d’apaisement.

Mais, voilà, Mme le juge semblait toujours « n’en avoir cure… » et sa réponse non livrée par nos confrères mit Me Dauphin Mbaye Guèye, le bâtonnier en colère.

Dénonçant une violation de la loi, Me Mbaye Guèye répondit à celle qui avait ordonné la reprise des audiences, malgré toujours la détention de l’avocate française en ces termes :

« Aucune audience ne se tiendra, tant qu’elle restera dans le box ! » Et s’en est suivi un meli-melo qui bloqua les audiences pendant des heures.

Il a fallu l’intervention du ministre de la Justice et du président du tribunal pour apaiser les tensions. Selon toujours nos confrères du journal ‘’L’Obs’’, des excuses seront réitérées, mais Mme le juge lâchera des propos qui raviveront cette tension :

« Je vois votre rictus et non un amendement… » Et c’est le bâtonnier qui coupera court à toute polémique avant les choses ne virent au vinaigre.

Momar Diack SECK
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