Tchad : dix ans après la disparition du leader de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, sa famille réclame toujours justice

Au Tchad, on commémorait hier, samedi 3 février, la disparition il y a dix ans du leader de l’opposition, Ibni Oumar Mahamat Saleh. Il a été enlevé le 3 février 2008 alors qu’une attaque rebelle sur Ndjamena tentait de renverser le régime du président Idriss Deby Itno. En dix ans, il y a eu plusieurs enquêtes mais les procédures n’ont pas évolué. Et pour la famille, faire le deuil est difficile.

Alors que les forces rebelles, qui ont failli renverser le régime de Ndjamena, étaient repoussées de la capitale, le porte-parole de l’opposition démocratique tchadienne Ibni Oumar Mahamat Saleh était enlevé de son domicile.

Maître Jacqueline Moudeina, avocate, est l’une des dernières personnes à lui avoir parlé : « Le dernier coup de fil que j’ai eu sur mon téléphone fixe c’était un appel d’Ibni pour me demander comment j’allais. Je lui ai dit que j’étais à la maison, que je n’avais pas bougé. Il m’a dit : ‘c’est bien, ne bouge pas. Moi aussi, je suis à la maison’. Et après, j’ai appris qu’Ibni avait été enlevé ».

Depuis, les efforts pour obtenir justice n’ont guère évolué. 

Certains fils du leader de l’opposition ont été nommés à des postes importants au sein de l’administration tchadienne. Mais pour l’aîné de la famille Ibni, il ne s’agit guère d’une compromission. « Il faut que les gens se détendent, se défend Hicham Ibni Oumar Mouhamat Saleh… les discours de rue disant que les enfants d’Ibni Oumar ont été achetés et qu’ils ont retiré leur plainte, etc… La plainte est toujours existante. Je recherche la vérité sur la disparition de mon père… »

Samedi après-midi, le mouvement citoyen Iyina organisait une conférence débat sur le thème: « Martyrs de la démocratie : non à l’oubli, le silence et la prescription judiciaire », avec pour crédo « Justice pour la famille du leader de l’opposition disparu depuis dix ans ».

Source RFI

Pape Ismaïla CAMARA
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