Systèmes alimentaires : la biodiversité, si cruciale l’alimentation et l’agriculture, disparaît de jour en jour, selon le tout premier rapport mondial de la FAO sur ce sujet

Le premier rapport du genre sur l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture présente des preuves de plus en plus tangibles et inquiétantes que la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires est en train de disparaître, menaçant gravement l’avenir de notre alimentation, de nos moyens de subsistance, de notre santé et de notre environnement.

Une fois perdue, prévient le rapport de la FAO diffusé ce vendredi 22 février 2019, la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture — c’est-à-dire toutes les espèces qui sous-tendent nos systèmes alimentaires et soutiennent les personnes qui cultivent et/ou produisent notre nourriture — ne peut plus être récupérée.

Exemples d’impacts de la biodiversité sur les pertes alimentaires et agricoles et pratiques favorables à la biodiversité:

  • En Gambie, les pertes massives d’aliments sauvages ont contraint les communautés à se tourner vers des aliments de remplacement, souvent issus de l’industrie, pour compléter leur régime alimentaire.
  • En Égypte, la hausse des températures entraînera des déplacements vers le nord des aires de répartition des espèces de poissons, avec des répercussions sur la production halieutique.
  • Au Népal, les pénuries de main-d’œuvre, les flux d’envois de fonds et la disponibilité croissante de produits alternatifs bon marché sur les marchés locaux ont contribué à l’abandon de cultures locales.
  • Dans les forêts amazoniennes du Pérou, les changements climatiques devraient conduire à une «savannisation», avec des impacts négatifs sur l’approvisionnement en aliments sauvages.
  • Les agriculteurs californiens laissent leurs champs de riz déborder en hiver au lieu de pratiquer le brulis après la saison de croissance. Cela fournit 111 000 hectares de zones humides et d’espaces ouverts à 230 espèces d’oiseaux, dont beaucoup sont en danger d’extinction. En conséquence, de nombreuses espèces se sont multipliées et le nombre de canards a doublé.
  • En France, environ 300 000 hectares de terres sont gérés selon les principes de l’agroécologie.
  • A Kiribati, l’élevage intégré de poissons (holothuries de sable, chanidés), de concombres de mer et d’algues assure des revenus et un approvisionnement régulier en nourriture, car malgré les conditions météorologiques changeantes, au moins un élément du système produit toujours des aliments.

 

Oumou Khaïry NDIAYE
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