Systèmes alimentaires complexes : Consensus, partenariats et travail d’équipe propulsent la FAO vers le futur

Le Directeur général M. José Graziano da Silva salue l’avantage comparatif de la FAO lorsqu’il s’agit de relever les défis liés aux systèmes alimentaires complexes.

Déclaration :

«Un nouvel esprit de consensus, l’adoption de partenariats et une nouvelle approche de travail d’équipe interdisciplinaire en vue de lutter contre les défis liés à la sécurité alimentaire font maintenant partie des caractéristiques de la manière dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) opère», a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva aux pays membres réunis à l’occasion de la 41ème session de la Conférence de la FAO.

«Ces innovations institutionnelles ont favorisé l’émergence de deux changements politiques essentiels liés au mandat de la FAO et qui sont – comprendre que les efforts visant à réduire la faim doivent porter davantage sur l’accès que sur la production et réaliser que le renforcement de la résilience face aux chocs s’avère être moins coûteux et plus efficace que d’essayer de fournir de l’aide après qu’un désastre soit survenu», a indiqué M. José Graziano da Silva.

Le Directeur général s’exprimait lors de l’ouverture de la 41ème session de la Conférence de la FAO, le plus important organe directeur de l’Organisation.

  1. José Graziano da Silva arrive au terme de son mandat après avoir passé huit ans à la tête de la FAO. Dimanche, les pays membres de l’Organisation ont élu M. Qu Dongyu, ressortissant chinois, pour lui succéder.

Soulignant que le Réseau de mesure des performances des organisations multilatérales – mis en place par d’importants donateurs – a récemment reconnu de «profonds changements» au niveau de la gestion opérationnelle de la FAO, rendant ainsi l’Organisation «très appréciée par ses partenaires», M. José Graziano da Silva a notamment mis l’accent sur trois étapes importantes survenues lors de son mandat.

D’abord, il a noté le renforcement d’une approche consensuelle en ce qui concerne le budget, aux dépends d’une culture de «confrontation» où s’oppose les pays développés aux pays en développement. «Il est maintenant temps d’accroître les investissements dans la FAO qui risque de devenir très dépendante des contributions volontaires irrégulières», a-t-il ajouté.

«La FAO est maintenant ouverte aux partenariats et a, depuis 2013, signé près de 200 accords avec le secteur privé, la société civile, les universités et les institutions de recherche. Les collaborations pratiques avec d’autres agences onusiennes ont également augmenté et se sont révélées être «étonnamment faciles car le cadre de travail stratégique de la FAO et les objectifs qui y sont liés coïncident parfaitement avec les Objectifs de développement durable», a précisé M. José  da Silva.

«Enfin, la FAO a développé cinq équipes pour des programmes stratégiques spécifiques afin de pouvoir pleinement exploiter leur expertise en vue de relever les défis complexes liés à l’agriculture et au développement rural, alors que des thèmes tels que le changement climatique, la biodiversité, le genre et la nutrition prennent de plus en plus d’importance. Ce processus de décloisonnement devrait permettre de «créer une dynamique alors que de plus en plus d’exemple de réussites émergent», a-t-il déclaré.

A l’avenir

Revenant sur son parcours à la FAO, M. José Graziano da Silva a souligné que des «politiques innovantes peuvent très facilement être acceptées par beaucoup de pays», et ce, même avec très peu d’investissements pour les faire connaître.

Aujourd’hui, les gouvernements ont réalisé que les programmes de protection sociale sont indispensables aux programmes de lutte contre la faim et d’ici peu auront la même opinion sur la nécessité de créer des politiques encourageant une nutrition saine. Beaucoup trop de personnes mangent mal – surtout des produits artificiels et des aliments hautement transformés. Il est essentiel de mettre en place des règles nationales et internationales de manière urgente pour favoriser la salubrité alimentaire et lutter contre toutes les formes de malnutrition», a-t-il souligné.

Il est également nécessaire d’opérer un changement de paradigme afin de promouvoir les transformations associées à la Révolution verte. «J’espère que nous avons réussi à détruire le mythe selon lequel l’agriculture industrielle intensive, qui dépend largement des technologies nécessitant beaucoup d’énergie, peut garantir la sécurité alimentaire dans le monde entier sur le long-terme», a indiqué M. José Graziano da Silva, soulignant que le futur de l’alimentation et de l’agriculture se basera sur les connaissances et les technologies, mais surtout sur les agriculteurs familiaux.

Il a également indiqué que la FAO devait être plus agressive dans sa manière de promouvoir ses avantages comparatifs en tant qu’agence multilatérale fournissant des biens publics mondiaux, faisant notamment référence à l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port (PSMA), le tout premier instrument international contraignant dont le but est de lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Exprimant son inquiétude au sujet de «l’émergence de politiques nationalistes de repli sur soi dans de nombreux pays», M. José Graziano da Silva a déclaré: «Nombreux sont les problèmes liés à l’alimentation mondiale et à la gestion durable des ressources naturelles à avoir une dimension régionale, transnationale et mondiale qui ne peuvent pas être combattus par un seul pays».

 

Oumou Khaïry NDIAYE
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