Sureté de l’aviation civile contre le terrorisme : Des experts africains et européens se réunissent autour de la question

Un communiqué de l’Union Européenne renseigne que les 23 et 24 janvier, le Sénégal était l’hôte d’un atelier d’experts africains et européens de haut niveau sur la gestion des risques dans le domaine de la sûreté de l’aviation civile. Et d’après la source, il s’agit de l’ensemble des mesures ayant pour but de prévenir les actes de malveillance visant les aéronefs, leurs passagers et les membres d’équipage, tels que des actes de terrorisme au premier chef.

D’après la source, Mme Iyabo O. Sosina, Secrétaire-Générale de la Commission Africaine de l’Aviation Civile a présidé ce séminaire-formation qui s’est déroulé dans les locaux de ladite institution basée à Dakar.

« Cette activité s’effectuait dans le cadre d’un projet de renforcement de la sûreté de l’aviation civile en Afrique et dans la Péninsule Arabique CASE (Civil Aviation Security in Africa and the Arabian Peninsula) financé par l’Union européenne à hauteur de 4,5 milliards F CFA (7 millions d’euros). Ce projet est mis en œuvre par la Conférence Européenne de l’Aviation Civile sur la période 2015-2019 », explique-t-on dans le document susmentionné.

D’après la source, ce séminaire-formation a réuni des experts de 29 Etats de toutes les régions africaines à savoir de l’Afrique du Sud, d’Algérie, de l’Angola, du Bénin, du Botswana, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de la Centrafrique, de l’Ethiopie, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée-Bissau, de l’Île Maurice, du Kenya, du Mali, de la Mauritanie, du Nigéria, de l’Ouganda, de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo, du Sénégal, du Togo, de la Zambie, du Zimbabwe, du Gabon, du Soudan, et du Soudan du Sud. Et du côté européen, 8 spécialistes de la France, de l’Irlande, des Pays-Bas et du Royaume-Uni avaient fait le déplacement.

La sûreté aérienne un sujet de préoccupation majeur

« Avec un nombre important d’incidents survenus sur le sol africain et notamment 28 des 43 attaques par missiles sol-air survenues entre 1975 et 2011, la sûreté est un sujet de préoccupation majeur pour le continent dont l’industrie de l’aviation civile dispose d’une marge de croissance qui demeure insuffisamment exploitée », explique la source.

D’après le communiqué, au cours des deux jours de travaux conduits par le modérateur, Mme Eleanor Travers, de l’autorité de l’aviation civile irlandaise, les participants ont échangé sur la base des présentations faites par des experts de la gestion de risques issus respectivement des autorités du Sénégal, de l’Afrique du Sud, du Nigeria et des Pays-Bas, ainsi que par un représentant d’Air France au titre de l’association de transporteurs aériens A4E.
« M. Alassane Dolo, du bureau régional de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a également présenté la méthodologie de son organisation en la matière. Outre un tour de table où les experts de chaque Etat présent ont brièvement exposé leur pratique nationale de gestion de risque, les participants ont effectué deux exercices, relatifs pour le premier à l’application de la méthodologie exposée et le second à l’identification des vulnérabilités potentielles dans les zones publiques des aéroports », note-t-on dans le communiqué.
D’après la source, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’atelier, l’attaché de la Délégation de l’UE au Sénégal, M. Antoine Gouzée de Harven, a souligné le fait que « la sûreté aérienne était une priorité commune des deux continents face à une menace terroriste commune. Il a par ailleurs relevé que « ce n’est pas uniquement une question sécuritaire mais aussi de développement pour le continent africain dont le trafic aérien dispose d’un grand potentiel de croissance avec une part du trafic mondial qui ne représente que 3% actuellement mais qui a augmenté de 5,7% en 2016 contre 2,3% en 2015 ». De plus, « les retombées économiques d’une plus grande sûreté seraient très significative sachant que l’industrie de l’aviation civile en Afrique représente déjà 6,9 millions d’emplois et 75 milliards d’euros d’activités économiques et ceci est sans compter les effets bien plus importants sur le commerce et le tourisme ».

A propos du projet CASE

Le document souligne que les objectifs du projet sont de contribuer à contrecarrer la menace terroriste par la promotion d’une culture de sécurité, le renforcement des cadres législatifs et réglementaires, l’amélioration des systèmes de contrôle qualité et de manière générale l’augmentation de la conformité des états bénéficiaires aux normes et pratique recommandées par l’OACI.
« Pour ce faire, le projet développe toute une série d’activités nationales d’assistance technique, de formation et de tutorat et des activités conjointes d’inspection, d’audits, de test secrets et d’évaluation de la vulnérabilité. Des ateliers régionaux tels que le cas présent sont également organisés sur les problématiques de sûreté du fret et de la poste; d’équipements et technologie de sûreté; de culture de la sûreté; ou de certification des agents d’inspection et de filtrage (passagers, bagages et fret) », mentionne-t-on dans le document.

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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