Solution au défi de l’Energie Electrique: assurer un approvisionnement régulier et a un coût compétitif aux populations ouest-africaines

En dépit de l’important potentiel énergétique dont dispose la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), force est de constater que le taux d’accès à l’énergie et la consommation d’énergie par tête d’habitant demeurent parmi les plus faibles au monde.

C’est le constat amer fait par le directeur général de l’Energie de Côte-d’Ivoire, Cissé Sabati, représentant le ministre ivoirien du Pétrole, de l’Energie et des Energies renouvelables, Thierry Tanoh, à l’ouverture, le lundi 3 décembre 2018, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, de la réunion des experts des ministères en charge de l’Energie des Etats membres de la Cedeao.

Selon les chiffres publiés par la Cedeao en 2016, a indiqué M. Sabati, ce sont environ 60% de la population ouest-africaine, évaluée à 350 millions d’habitants, qui n’ont pas accès à l’électricité, et dont 77% vivent en milieu rural.

Par ailleurs, seuls 45% de la demande en énergie sont satisfaits avec une consommation énergétique par tête d’habitant d’environ 150 kWh/jour, soit l’une des plus faibles au monde, a-t-il ajouté.

« L’une des solutions aux défis énergétiques de la sous-région est l’exploitation commune et partagée deses ressources naturelles. Chaque Etat mettant en valeur prioritairement avec éventuellement l’appui des autres Etats membres, les ressources énergétiques pour lesquelles il a un avantage compétitif en vue de faire bénéficier à tous les autres Etats membres l’électricité à travers un vaste marché prospère et bien régulé de l’énergie », a préconisé Cissé Sabati.

Au regard des enjeux énergétiques auxquels font face les Etats membres de la Cedeao, M. Sabati a exhorté les participants à examiner et s’accorder sur les documents à soumettre le lendemain, à l’adoption de la 13ème réunion des ministres chargés de l’Energie de l’espace communautaire.

Pour sa part, le Commissaire de l’Energie et des Mines de la Commission de la Cedeao, Sédiko Douka, s’est dit convaincu de l’attention particulière que les participants devront accorder à ces documents en vue d’éclairer la décision des ministres.

Ces documents portent sur le Plan directeur de la Cedeao pour le développement des moyens régionaux de production et de transport d’énergie électrique 2019-2033, et la Directive pour la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique du marché régional de l’électricité.

Faisant le bilan du plan directeur 2012-2025 de production et de transport d’énergie électrique de la Cedeao adopté, en février 2012, par les leaders ouest-africains, M. Douka a indiqué que pour les projets prévus pour la période 2012 – 2019, 3 projets sur 17 pour la production et 1 projet sur 11 pour le transport affichent à l’heure actuelle un réel retard dans leur développement dans la mesure où la recherche de financement n’a pas été entamée.

Pour lui, l’évolution du paysage énergétique, le contexte socio-économique de l’espace Cedeao, les difficultés dans la mobilisation de financement public dans la sous-région, l’état de développement du système électrique régional, la diminution significative des coûts des énergies renouvelables solaires et les engagements pris par les Etats vers une transition énergétique durable nécessitent que le plan 2012-2025 soit réexaminé.

Il a rappelé que la mise à jour du plan a fait ressortir pour la période 2019-2033, 75 projets régionaux prioritaires avec un coût d’investissement total estimé à 36,39 milliards de dollars.

Parmi eux, on peut citer 28 projets de lignes de transport pour un total d’environ 22 932 km de lignes haute tension pour un coût estimatif de 10,48 milliards américains, et 47 projets de production d’une capacité totale d’environ 15,49 GW pour un coût d’environ 25,91 milliards de dollars américains.

« Nous restons conscients que de nombreux défis restent encore à être relevés pour atteindre les objectifs d’un marché viable et robuste de l’électricité. Mais nous avons bon espoir que grâce au leadership de l’ensemble des ministères de l’Energie de la région, l’accès universel à l’énergie sera une réalité dans notre région », a déclaré le Commissaire de l’Energie et des Mines de la Commission de la Cedeao.

 

 

Momar Diack SECK
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