Ses 720 ha cédés à « African Oil corporation » (Anoc), Ourour Commune se révolte

Contre la cession par le conseil municipal d’une superficie de 720 ha à la société « African Oil corporation » (Anoc),  les populations de la commune de Ourour située à environ 14 kms, au nord de Kaolack, sont descendues hier, dimanche, dans la rue.

Sous un soleil accablant, elles ont parcouru près de 3 kms pour dénoncer les multiples désagréments nés du contrat scellé entre leur municipalité et le promoteur italien établi en 2009 pour les besoins d’exploitation d’une espèce végétale intitulée «Jatropha» par la société Anoc, ce contrat fait aujourd’hui l’objet de toutes les contestations dans la commune de Ourour.

Car, dans les dispositions prises par les deux parties lors de la signature du contrat, nous révèle le président du comité de lutte pour la récupération des terres (Clrt) Bocar Diallo, il était demandé aux producteurs qui le pouvaient, de céder leurs domaines champêtres ou une partie de leurs champs pour offrir au promoteur Alexandre Milano les espaces qu’il souhaitait disposer dans leur collectivité.

A l’époque, ceux qui avaient accepté la proposition  ont également été désignés comme prioritaires dans les recrutements annoncés par le projet. Et l’on proposait à chaque chef de famille ayant souscrit, le recrutement de l’un de ses fils en raison d’un salaire de 75.000 Frs / mois.

Après une longue attente de six (6) ans, les populations disent se retrouver devant une impasse. Car, non seulement elles ne sont plus en mesure de récupérer et exploiter leurs terres, mais ne peuvent point profiter du projet et ses retombées au sein de leur société. Les personnes qui étaient promues à un emploi, n’ont pu été recrutées. Les terres qui leur étaient retirées pour la culture exclusive du «Jatropha», ont ensuite été affectées à d’autres producteurs en activité dans la filière arachide. Une aberration pour certains et une violation des clauses du contrat pour d’autres.

Mais ce qui semble le plus irritant dans leur vécu, est la disparition miraculeuse du registre foncier des tiroirs municipaux quelques temps seulement après le rajout frauduleux d’une seconde assiette foncière de 620 ha aux 100 ha, la seule superficie cédée au promoteur italien par délibération municipale.

Ainsi, après avoir introduit vainement cinq (5) correspondances aux autorités administratives, ces populations se disent inquiètes du mutisme affiché par les décideurs locaux et prêtes à monter à la vitesse supérieure si aucune solution n’est apportée à ce différend.

Source Sud Quotidien

Dieyna SENE
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