Sénégal Vers une nouvelle constitution forgée au forceps ?

Au regard de ce qui est en train de se passer, il est clair que nous nous acheminons vers un des scrutins, les plus indécis que le Sénégal ait jamais connu.

On ne peut à l’avance dire quel camp sortira vainqueur du référendum du 20 mars prochain. A l’état actuel des choses, chacune des forces antagonistes, peut gagner cette échéance électorale.

Il est quasiment clair que les résultats des urnes déboucheront sur une victoire étriquée soit du « oui’’, soit  du « non ». À moins qu’il se passe un « miracle de dernière minute », on voit mal le  camp  du « oui » par exemple, gagner ce scrutin, par un score sans appel de 80 voire 90%. Ce qui serait normal pour une constitution qui doit exprimer la volonté populaire de manière  absolue ou presque.

Une constitution qui ne rencontre pas l’adhésion du peuple de manière absolue ou presque, n’en est pas une, en réalité. Voilà pourquoi ce référendum est spécial . Il n’est pas comme une élection présidentielle ou un candidat élu, n’a besoin que du juste minimum ( 51% des voix ) pour passer.

Ainsi, si par extraordinaire, le  » oui  » l’emporte, sans une écrasante majorité, le Sénégal aura tout, sauf une constitution digne de ce nom, par ce que, la loi fondamentale d’un pays voudrait que tout le peuple, ou bien, l’écrasante majorité du peuple s’y retrouve. Or là  nous sommes mal partis.

Nous sommes mal partis et nous courons  un grand danger. Le danger de nous retrouver avec une constitution  » unijambiste », faute d’une majorité absolue ou presque, du « oui ».

On parle de constitution  » unijambiste », parce que, même contraint de se soumettre  à celle-ci, un nombre non négligeable de Sénégalais, ne sera jamais fier de ce texte fondamental.

Une telle constitution serait en déphasage avec la devise même du pays: un Peuple, un But, une »Foi », car  cette loi fondamentale, aurait fini de diviser le peuple, faute d’un large consensus.

Voilà dans quel  » dilemme éthique », ce régime  a entraîné le pays. Les tenants du pouvoir ont cafouillé grave sur la démarche. Ils auraient dû ouvrir, au préalable, les  15 points de la réforme au dialogue. Au lieu de cela, ils ont préféré agir en solo et veulent maintenant que le peuple  adopte ce texte.

Jean Nzalé

 

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