Sécurité Régionale : la commission de la CEDEAO exhorte des stratégies harmonisées et une expertise collective

La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a préconisé l’harmonisation des stratégies ainsi que la mobilisation de l’expertise collective de toutes les parties prenantes pour relever les défis de la sécurité dans la région.

Le Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de la Commission, le Général Francis Béhanzin, a lancé cet appel le 14 mai 2019 à Abuja, au Nigéria, à l’ouverture de l’Assemblée générale annuelle du Comité des chefs de police de l’Afrique de l’Ouest (WAPCCO), qui a duré trois jours.

Le Commissaire Béhanzin, qui représentait le Président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a fait remarquer que les approches conventionnelles pouvaient être insuffisantes pour relever les défis auxquels la région était confrontée, notamment le trafic de drogue, la prolifération des armes légères illégales, la cybercriminalité le blanchiment d’argent et la tendance croissante au terrorisme, entre autres.

Il a appelé les chefs de police à mettre en commun leur « expertise collective et leurs expériences afin de réfléchir plus avant sur la meilleure manière de surmonter ces défis et de garantir l’application effective des cadres politiques existants pour les éliminer ».

Le commissaire Béhanzin a affirmé que seules des réflexions collectives et collaboratives permettraient de trouver des solutions durables aux aspirations des populations à la création d’une région plus sûre. Il a observé que depuis le déclin des conflits armés conventionnels (en particulier des guerres internes), la région connaissait de nouvelles menaces pour la paix et la sécurité, dont beaucoup étaient de nature transnationale.

Cependant, il a ajouté que la réduction des conflits armés n’avait pas nécessairement apporté les dividendes de la paix attendus dans la région, qui reste précaire face à ces nouvelles menaces. Ces incidents, a-t-il poursuivi, «mettent parfois à l’épreuve la sagesse et la décision des pères fondateurs de la CEDEAO, le Protocole relatif à la libre circulation des marchandises et des personnes, droit de séjour adopté en 1979, permettant aux citoyens de l’Afrique de l’Ouest de franchir les frontières intérieures région sans visa, leur permet de résider et d’établir leur commerce dans le pays de leur choix ».

Sur une note positive, le commissaire Béhanzin a mis en exergue un certain nombre de mesures mises en place au niveau de la CEDEAO pour renforcer la réponse des États à ces crimes et au terrorisme, notamment: la déclaration politique de la CEDEAO et sa position commune contre le terrorisme, le trafic de drogue et d’autres crimes organisés, la Stratégie pour le Sahel et la Stratégie maritime intégrée de la CEDEAO, entre autres.

De même, il a noté qu’en collaboration avec l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations Unies et les partenaires de développement, la CEDEAO est un chef de file dans la mise en œuvre de divers domaines d’initiatives de paix et de sécurité dans la région.

Dans sa déclaration, l’inspecteur général de la police du Nigéria et président de la WAPCCO, M. Mohammed Adamu, a souligné que l’effort de collaboration des chefs de la sécurité de la police se fondait sur la prise de conscience du fait que la sécurité régionale était un mandat collectif de tous les services de maintien de l’ordre et de sécurité. tels que la police, l’immigration, les services, les services de renseignement ainsi que d’autres agences internationales de sécurité.

Outre l’examen périodique des questions de sécurité régionale, il a indiqué que les chefs de police devaient identifier des moyens de renforcer la collaboration inter et intrarégionale, ainsi que des partenaires tels que l’Organisation internationale de la police (INTERPOL) et l’Union européenne (UE) en vue d’engendrer sécurité continentale et mondiale. L’IGP a chargé tous les chefs de police participants de «mettre au point des mécanismes viables reposant sur un échange et une collaboration solides en matière de sécurité afin d’identifier, de neutraliser et de démanteler ces gangs criminels et de récupérer leurs richesses illicites»

Le ministre nigérian de l’Intérieur, Abdulrahman Bello Dambazau, a déclaré que cette réunion était une occasion pour les experts en application de la loi et en justice pénale de mettre en commun leurs ressources et de rendre la région plus sûre pour les citoyens de l’Afrique de l’Ouest. Un maintien de l’ordre sensé met l’accent sur la formation et le recyclage. Il a promis que le ministère de l’Intérieur du Nigéria continuerait de fournir le leadership souhaité pour tirer le meilleur parti des agences de sécurité.

Pour sa part, le représentant du Secrétaire général d’INTERPOL, M. Alex Karl, a noté que les chefs de police régionaux étaient des partenaires stratégiques pour INTERPOL et que leurs interactions au niveau régional revêtaient une importance majeure pour l’organe. Il a indiqué que des solutions collaboratives sont recherchées du fait que les problèmes de sécurité mis en avant ont des implications qui dépassent les compétences des juridictions nationales.

Momar Diack SECK
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