Scandale au Cameroun Ballottée et négligée à son accouchement, une dame et ses 5 bébés meurent

La publication de plusieurs journaux camerounais  de ce lundi 28 mars 2016 retrace le film des événements douloureux vendredi dernier à l’hôpital central de Yaoundé, la capitale du pays. Ce film recueilli auprès d’une proche de la maman éplorée, reparle d’une modeste institutrice âgée de 30 ans décédée durant son accouchement avec son quintuplé à leur naissance.
Ballottée d’un coin de Yaoundé à un autre, et alors qu’elle était en travail et que son époux se trouvait hors de la capitale, Honorine Nshi sera victime de toutes sortes de négligences du corps médical, elle n’aura aucun réconfort du staff de l’hôpital, aucun soutien ou accompagnement psychologique et essuiera même des moqueries de certaines infirmières, qui l’ont surnommée «la princesse ratée».

Au final, l’hôpital, qui a tout de même exigé le paiement de 30.000 FCFA représentant des frais divers, n’a tenté quoi que ce soit pour trouver des éprouvettes et sauver les nouveau-nés.

The Guardian Post relate également les maltraitances subies par la pauvre dame, déplorant par ailleurs que le ministre de la Santé public, André Mama Fouda, se mure dans un silence méprisant et provocateur.

Le Jour abonde dans le même sens, dénonçant l’indolence des personnels des hôpitaux publics du pays devenus de véritables mouroirs.

«Alors que la famille pointe du doigt la négligence des infirmières accoucheuses, le centre hospitalier indique que l’issue était inévitable», souligne Mutations, ajoutant là où l’hôpital invoque l’âge des fœtus, la sœur cadette de la parturiente rejette le tort sur le manque de couveuses.

Et de poursuivre : «Ces faits montrent une crise de confiance criarde entre le personnel médical et les patients. On a beau se creuser les méninges et chercher des explications aussi rocambolesques les unes que les autres, le problème reste entier : l’insuffisance du plateau technique et la qualité douteuse des ressources humaines dans nos hôpitaux.»

Mutations rappelle ainsi qu’il y a deux semaines, un drame similaire s’était produit dans la métropole économique, Douala, coûtant la vie à une mère et aux deux enfants qu’elle portait.

A propos de ce dernier cas, Intégration, sous le titre : «Affaire Monique Koumatéké : les médecins refilent la patate chaude aux infirmiers», précise que l’Ordre national des médecins a annoncé, pour les prochains jours, les résultats de son enquête sur le drame survenu à l’hôpital Laquintinie le 12 mars 2016.

Mais d’ores et déjà, c’est le président de la corporation, Guy Sandjon, qui s’insurge : «Voilà des images qui tatouent l’horreur sur la rétine de tout médecin. Voilà des images muettes de l’inimaginable qui se sont télescopées pêle-mêle en un zapping fou au sein de la communauté nationale… Les vidéos qui ont tourné en boucle, la foule dans les rues, la presse hérissée de crayons géants.»

Et le médecin de préciser : «En marge de l’enquête policière dans laquelle nous n’intervenons pas, nous avons mis sur pied une commission chargée de faire la lumière sur cette affaire qui a considérablement détruit l’image du médecin au Cameroun.»

Source Apanews

 

Fara Michel DIEYE

Rédacteur

Fara Michel DIEYE

Co-fondateur du site Lactuacho.com, Fara Michel DIEYE jouit de plus de 18 années d’exercice dans la profession du journalisme et de la communication. Il a été notamment Rédacteur en chef du site d’information Dakaractu.com et de l’hebdomadaire Espace Magazine, et Directeur de la Rédaction du Quotidien Rewmi et de l’hebdomadaire économique Ecofi. En savoir plus >>

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