Santé/Révèlations alarmantes d’une étude: Plus de 90% des marques de sel échantillonnées dans le monde contiennent des microplastiques

Plus de 90% des marques de sel échantillonnées dans le monde contiennent des microplastiques, le plus grand nombre provient du sel d’origine d’Asie, rapporte une nouvelle étude coordonnée par Kim Seung-Kyu, professeur à l’université nationale d’Incheon et Greenpeace Asie de l’Est.

L’étude, publiée dans Environmental Science & Technology, une revue scientifique examinée par des pairs, a analysé 39 marques de sel différentes dans le monde.

Elle a démontré que la contamination plastique du sel de mer était la plus élevée, suivie du sel de lac, puis du sel gemme, ce qui constitue un indicateur du niveau de la pollution plastique dans les régions d’extraction du sel.

Avec des échantillons également prélevés au Sénégal, l’étude met en évidence le fait que la pollution par les plastiques soit une crise mondiale et que l’Afrique, en particulier, doit prendre ce problème au sérieux, car l’écosystème et la santé humaine dans les mers africaines pourraient potentiellement être plus menacés à cause de la gravité de pollution des microplastiques en milieu maritime.

Seules trois parmi les marques de sel étudiées ne contenaient aucune particule microplastique dans les échantillons répliqués.
«Des études récentes avaient révélé la présence de plastique dans les fruits de mer, la faune, l’eau du robinet et maintenant dans le sel. Il est clair qu’il n’est plus possible d’échapper à cette crise du plastique, alors qu’il continue de se déverser dans nos cours d’eau et nos océans. Nous devons stopper la pollution plastique à sa source. Ainsi nous en appelons à la responsabilité des grandes entreprises dans cette crise. Ces dernières doivent réduire leur empreinte plastique et s’attaquer au problème qu’elles ont créé”, a déclaré Awa Traoré, chargée de campagne Océans à Greenpeace Afrique.

«Nous voulons également voir la mise en œuvre effective des lois interdisant le plastique à usage unique dans les pays africains, et pas seulement des engagements forts des gouvernements. Pour la santé des personnes et de notre environnement, il est extrêmement important de pousser ces grandes entreprises à aller au-delà du recyclage, à assumer la responsabilité de leur contribution à la pollution du plastique, ainsi qu’à réduire la production du plastique à usage unique », a poursuivi Awa Traoré.

S’appuyant sur des études antérieures sur la pollution microplastique dans le sel, cette recherche est la première de cette ampleur à se pencher sur les niveaux de contamination de la dispersion géographique du sel marin et sur sa corrélation avec les niveaux de rejet et de pollution des plastiques dans l’environnement.

Si la consommation de sel par jour est de 10 grammes, le consommateur adulte moyen pourrait ingérer environ 2 000 microplastiques par an rien que par le sel, suggère l’étude. L’adulte moyen pourrait toujours consommer plusieurs centaines de microplastiques chaque année, ce, même après avoir déduit de l’échantillon le sel indonésien, qui détient le plus grand taux de contamination trouvée dans cette étude. [5]

«Afin de limiter notre exposition aux microplastiques, des mesures préventives sont nécessaires, telles que le contrôle des rejets de plastiques mal gérés dans l’environnement et, surtout, la réduction des déchets plastiques», a-t-il ajouté.

Plus tôt ce mois-ci, Greenpeace et la coalition Break Free From Plastic ont publié un rapport nommant Coca-Cola, PepsiCo et Nestlé parmi les sociétés les plus citées qui utilisent essentiellement les emballages plastiques à usage unique qui polluent nos océans et nos voies navigables à l’échelle mondiale.
Source APO

Oumou Khaïry NDIAYE
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