Santé/Nébuleuse : Des incongruités notées au centre de santé de Hann-Bel Air

 

Du 8 au 22 avril 2015, une commission de la mairie de Hann- Bel Air a effectué une étude au centre de santé de la commune. Le rapport fourni par les auditeurs Oumar Diouf, Conseiller municipal à la commune, Moustapha Ndiaye, le responsable de la division financière et comptable de la commune et Baboucar Sarr le comptable des matières, révèle des incongruités. En somme : une mauvaise gestion des ressources de l’établissement, comme le résume le rapport dans sa conclusion.

Au chapitre de la situation financière de service de santé, le rapport des auditeurs dénote de nombreux dysfonctionnements.

Par exemple, pour faire le bilan des recettes mensuelles de l’établissement, les enquêteurs n’ont pas pu retrouver les souches des blocs de tickets, ni obtenu le tirage du relevé du logiciel soft solution.

A titre illustratif, ‘’sur les recettes d’août et septembre 2014 d’un montant de 15 135 170 francs CFA, il n’y a que 1 825 000 F CFA versés à la banque’’.

Les auditeurs tirent la conclusion selon laquelle ‘’les recettes collectées ne sont pas versées à la banque et que les décaissements sont effectués directement auprès des guichets des vendeurs’’.

‘’Ce constat dénote un non-respect des textes portant sur l’organisation et le fonctionnement des comités de santé au Sénégal, notamment la loi 92-07 et le décret 92-118 en son article 21’’, signalent les auditeurs.

Les justifications du médecin-chef

Selon le rapport, la réponse de Mbaye Paye est ‘’qu’il est difficile de faire les versements car non seulement la banque (Banque islamique de SCOA) est loin, mais aussi les montants collectés ne sont pas importants’’.

Le Médecin-chef ‘’affirme avoir toujours attiré l’attention du Président et du Trésorier du comité de santé sur la nécessité de verser les recettes à la banque’’.

Cependant, le président du comité de santé est  plus catégorique dans sa réponse. Dame Faye a affirmé, devant les enquêteurs, ‘’qu’il est impossible de faire des versements à la banque car il y a des urgences à gérer au quotidien’’.

Une autre anomalie découverte par les auditeurs : ‘’la gestion des recettes.

Selon toujours le rapport d’études, il existe dans le centre de santé de Hann/ Bel Air deux types de recettes : les recettes issues de la vente des tickets et des prestations et celles provenant de la vente des médicaments.

‘’Les recettes du comité de santé doivent faire l’objet de gestion différenciée par l’ouverture de deux comptes bancaires : un compte pour les recettes issues de la vente des tickets et les prestations et un autre compte pour les produits de la vente des médicaments. Cette disposition n’est pas respectée dans ce centre’’, révèle le document.

Concernant la question des dépenses, les enquêteurs informent, à travers le document, qu’ils n’ont pas réussi à mettre la main sur les rapports des mois de janvier, février et mars 2015.

L’autre dysfonctionnement découvert à ce niveau est qu’il y a ‘’une absence totale de bons de commande, peu d’achats disposent d’un bordereau de livraison, il n’y a aucun PV de réception des matières achetées et le mode de règlement est au comptant’’, renseignent les auditeurs.

Toujours sur le chapitre des dépenses, celles effectuées entre août et septembre 2014 ‘’ne sont pas justifiées’’.

‘’Indemnités illégales’’

Le rapport d’audit trouve aussi ‘’illégale’’ l’indemnité mensuelle de logement de 100 000 F allouée au médecin chef Mbaye Paye ‘’en plus de sa motivation mensuelle fixe de 50 000 F CFA alors que le centre de santé dispose d’un logement’’.

Pour donner une justification à cette mesure, le médecin chef, d’après le rapport,  explique ‘’qu’en 2010, lorsque qu’il a reçu son acte d’affectation au centre de santé de Hann-sur-Mer, il a aussitôt saisi le Directeur de la DASS, Monsieur Aziz Lo, pour lui faire remarquer que le logement n’était pas en bon état.

Comme mesure d’accompagnement, Monsieur Lo aurait appelé le Président du comité de santé d’alors, Monsieur Serigne Mor Diop, pour lui demander d’allouer une indemnité mensuelle de logement au Médecin-Chef’’.

Le Dr Paye n’est pas aussi le seul à bénéficier de ces largesses, d’après le document. L’infirmière Major, elle aussi, a une indemnité mensuelle de transport de cinquante mille (50 000) francs. Explication : la longue distance qui sépare le centre de santé du lieu d’habitation du Major, selon le médecin chef.

Source ‘’ Enquête’’

Dieyna SENE
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