Santé Le payeur central avait détourné puis renversé plus de 27 millions F Cfa, verdict attendu en début février

Après avoir été nommé payeur central du ministère de la Santé, en 2011, Sanou Fall a fini par confondre sa poche avec la caisse de l’État. Le fonctionnaire s’est mis à puiser dans les deniers de l’Etat pour satisfaire ses dépenses personnelles et faire preuve d’une grande largesse à l’endroit de ses proches.

Le pot aux roses a été découvert en septembre 2014, lors d’un contrôle inopiné effectué par l’Inspection des affaires financières (IFA) du ministère de la Santé. Après vérification, l’auditeur a décelé un manquant de 27 408 497 F CFA. Sommé de justifier le gap, Sanou Fall est passé aux aveux en confessant avoir détourné le montant incriminé et dévoilant son modus operandi. Celui-ci consistait à s’approprier le salaire de certaines personnes qui tardaient à venir percevoir leur argent.

Avec les sommes détournées, le fonctionnaire a réussi à bâtir un patrimoine constitué de plusieurs terrains à Saint-Louis, d’un parc automobile composé de deux taxis, d’un minibus et d’autres véhicules.

A l’enquête et à l’instruction, l’ex-payeur a reconnu les faits. Hier, il a réitéré ses aveux à la barre du tribunal correctionnel de Dakar où il comparaissait pour détournement de deniers publics. Cependant Sanou Fall a tenté d’adoucir la sanction qui lui sera infligée, en soutenant qu’il ne s’agit pas effectivement d’un détournement.

‘’Quand vous dites détournement, c’est comme si j’ai volé l’argent. Or, je l’ai emprunté pour rembourser ensuite’’, s’est défendu le prévenu. ‘’Comment pouvez-vous utiliser l’argent destiné au peuple pour vos besoins personnels ?’’, lui a rétorqué le substitut Aly Ciré Ndiaye. Comme toute réponse, Sanou Fall a accusé le policier enquêteur et a réfuté s’être enrichi avec la caisse. ‘’Je disposais de biens, avant cette affaire’’, a-t-il soutenu tout en rappelant avoir consigné l’intégralité des 27 millions détournés. C’est la raison pour laquelle le parquet a requis 4 ans assortis du sursis et une amende ferme de 500 000 F CFA.

Cependant, le maître des poursuites n’a pas manqué de le sermonner. ‘’Je ne comprends pas la légèreté avec laquelle certains de nos concitoyens manipulent nos deniers. C’est un comportement à bannir pour une gestion saine de nos finances publiques’’, a-t-il martelé.

Malgré le sursis, la défense a jugé sévère le réquisitoire. Il a demandé à ce que la peine soit diminuée pour permettre à son client de conserver son travail. Compte tenu des efforts faits par son client pour consigner, Me Guèye a également demandé que le montant de l’amende soit baissé. Délibéré, le 2 février prochain.

Source enqueteplus.com

Oumou Khaïry NDIAYE
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