Santé : la Journée Internationale de l’Elimination de la FO célébrée hier 24 Mai, la CEDEAO restaure la dignite et l’espoir des victimes de fistule obstetricale

La Fistule Obstétricale (FO) est une maladie qui affecte plus de 2.000.000 de jeunes femmes non traitées en Afrique subsaharienne et en Asie. L’espace CEDEAO malgré les efforts engagés par ses pays membres pour l’amélioration de la santé reproductive des femmes et des filles, fait toujours partie des zones qui comptent le plus de femmes victimes avec environ 50000 à 100000 nouveaux cas par an (OMS, 2009). 

Communiqué: La FO, souvent méconnue de la majorité de la population, est une maladie qui se manifeste par une perte incontrôlée d’urines et/ou de selles due à une perforation des parties intimes de la femme, entrainant ainsi des infections urinaires et de fortes odeurs. La fistule survient durant les accouchements prolongés, compliqués et sans assistance médicale.

Les causes profondes sont liées aux mariages précoces et/ou forcés, aux maternités précoces, aux mutilations génitales féminines telles que l’excision, à l’absence de consultations prénatales et d’assistance médicale au moment de l’accouchement, à la malnutrition, à la pauvreté, etc.

Cette maladie touche particulièrement  les jeunes femmes de 15 à 24 ans  et les femmes en âge avancé et vivant en milieu rural.  Les victimes de FO vivent dans la plupart des cas isolées et rejetées par leurs maris et/ou par leurs communautés.

La Commission de la CEDEAO, à travers son Centre pour le Développement du Genre, a pris l’initiative en 2010 de mener un programme d’envergure, de soutien médical et financier aux femmes et aux filles victimes de FO dans les Etats membres. Ce programme est une réponse aux effets sociaux et économiques débilitants de la FO sur les filles et les femmes dans la région.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, le Département aux Affaires Sociales et du Genre de la CEDEAO a élaboré en 2015 un Plan d’action Régional de la CEDEAO de Lutte contre les Fistules Obstétricales en Afrique de l’Ouest en collaboration avec UNFPA. Ce document va appuyer toutes les interventions des pays membres de la CEDEAO en matière de lutte contre la FO dans les quatre prochaines années.

La Journée Internationale de l’Elimination de la FO est célébrée cette année ce 24 mai 2017 en République du Libéria sous la présidence de Son Excellence Madame Ellen Johnson- Sirleaf, Présidente du Libéria et Présidente en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO.  Pour rappel, Madame la Présidente Johnson-Sirleaf a été reconnue comme l’une des premières femmes africaines ayant contribué, de façon significative, à la promotion de l’avancée de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, notamment dans le domaine de la santé reproductive.

C’est donc pour reconnaitre ces efforts inlassables de Son Excellence Ellen Sirleaf-Johnson et de son pays dans la lutte pour  la réhabilitation des droits des femmes que la Commission de la CEDEAO en partenariat avec le UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population), a décidé d’organiser la célébration de la Journée Internationale de l’Elimination de la Fistule Obstétricale au Libéria.

Cette Edition 2017 est également organisée en collaboration avec le Bureau du Représentant de la CEDEAO au Liberia, le Ministère de Genre, des Enfants et de la Protection sociale et le Ministère de la Santé.

Outre la présence effective de Son Excellence Madame la Présidente Sirleaf-Johnson,  prennent part aussi à cette activité, Son Excellence le Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Alain Marcel de Souza, Madame la Commissaire aux Affaires Sociales et du Genre de la CEDEAO, Dr Fatima Dia Sow, les représentants des Organisations Internationales telles que  UNFPA et ONU Femmes, les Représentants des Missions Diplomatiques, les Représentants de la Société Civile, les femmes victimes de fistules et les Partenaires Techniques et Financiers.

L’édition 2017 permet de faire un état des lieux de la FO dans la région ouest africaine et aussi  d’engager la Communauté et particulièrement les Etats membres de la CEDEAO à accélérer la mise en place de solutions pour éradiquer définitivement cette maladie.

Momar Diack SECK
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