Santé/Aide publique française au Sénégal : satisfaction notée de part et d’autre à l’issue de la mission parlementaire française

Tirant un « bilan très positif » de la mission, Mme Sandra Lhote-Fernandes, d’Oxfam France, s’est réjouie d’avoir pu compter sur CICODEV, partenaire de sa structure sur le plaidoyer santé. « Nous voulions manifester une volonté de montrer la société civile sénégalaise active, celle qui se bat pour faire entendre la voix des citoyens. Nous voulions montrer que le développement durable ne se ferait pas sans l’implication de la société civile, qui veille à la bonne application des politiques publiques comme la CMU. C’était important que les députés français en soit conscients », a-t-elle estimé.

Les députés français, pour leur part, ont tous hautement apprécié d’avoir pu se rendre sur le terrain et d’avoir pu constater sur place l’impact de l’aide publique au développement de la France, ainsi que d’avoir pu rencontrer les différents acteurs et recueilli les points de vue les plus divers.

Côté sénégalais, outre le directeur exécutif de CICODEV Africa, M. Amadou Kanouté, la délégation française a rencontré le député Aimé Assine, membre de la commission de la santé, des affaires sociales, de la population et de la solidarité nationale dans la législature sortante, aujourd’hui président de la commission de l’éducation, de la jeunesse, des sports et des loisirs. M. Assine, qui a pris part au dîner offert par CICODEV en l’honneur de la délégation, en compagnie de ses collègues Aliou Badara Diouf et Cheikh Tidiane Diouf, a apprécié positivement la visite de la délégation parlementaire française, estimant qu’elle s’inscrivait dans la tradition de coopération entre la France et le Sénégal.

Fin de 5 années consécutives de baisse de l’aide publique au développement

Le contexte de cette mission s’inscrit dans le cadre du quinquennat qui vient de débuter en France pour une nouvelle ambition de l’aide publique au développement. En 2015, les chefs d’État du monde entier ont adopté les Objectifs du développement durable (ODD), feuille de route ambitieuse pour éradiquer la pauvreté et la faim d’ici à 2030 et réaffirmé, lors de la conférence sur le financement du développement d’Addis-Abeba, l’engagement des pays développés d’allouer 0,7% de leur richesse nationale à la solidarité internationale.

En retard sur certains de ses voisins européens ayant déjà atteint cet engagement, tels que l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg ou la Norvège, la France n’allouait en 2016 que 0,38% de son revenu national brut (RNB) à la solidarité internationale. Plus de 400 millions de personnes n’ont pas accès aux services de santé les plus essentiels, les fléaux sanitaires tels que les épidémies Ebola et Zika ayant mis en péril la stabilité internationale.

« Les barrières d’accès aux soins et la succession de crises humanitaires démontrent jour après jour l’urgence d’assurer le développement de nos partenaires du Sud et la préservation des biens publics mondiaux. Pourtant, la France n’a cessé de réduire son aide au développement, projet de loi de finances après projet de loi de finances durant le précédent quinquennat, hormis un léger redressement en fin de mandat », déplore Oxfam France.

En 2016 et en 2017, un effort budgétaire de la part de la France a en effet été permis grâce à une mobilisation parlementaire lors de l’examen du budget, mettant fin à cinq années consécutives de baisse de l’aide publique au développement (APD). Néanmoins, le chemin est encore long avant d’atteindre l’engagement du nouveau président de la République d’allouer 0,7% du RNB à l’APD d’ici à 2025 ajoute l’ONG.

Si l’allocation de budgets conséquents à l’aide publique au développement est une obligation de solidarité, c’est aussi une nécessité politique et économique. « Investir aujourd’hui dans le développement de nos partenaires du Sud, c’est enrayer le cercle vicieux de la pauvreté, de la maladie et de l’instabilité sociale et politique dont les répercussions ne connaissent pas de frontière, estime encore Oxfam France.

Le nouveau quinquennat en France doit être celui d’une nouvelle ambition pour l’aide publique, notamment en matière de financements. C’est d’ailleurs l’un des engagements du président Emmanuel Macron pendant sa campagne : « La France a perdu sa place depuis dix ans en matière de politique de développement, en particulier par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni. Il faut retrouver une ambition mondiale dans ce domaine, notamment en vue de la mise en œuvre des ODD […] Nous devons affirmer de façon crédible, comme nos partenaires européens, l’objectif d’une aide publique à hauteur de 0,7% de la richesse nationale », avait-il déclaré.

La mission parlementaire, Oxfam France, Action Santé Mondiale et CICODEV-Africa

Parmi les sept députés de la mission parlementaire venue au Sénégal, six appartiennent à La République en marche (LREM de M. MAcron). Il s’agit de Mmes Annie Chapelier, Mireille Clapot, Delphine O et M. Jean-François Mbaye, membres de la commission des affaires étrangères, Mme Frédérique Dumas, vice-présidente de la commission des affaires culturelles et Mme Muriel Ressiguier, députée de la France insoumise, membre de la commission des finances.

À noter qu’Oxfam France est membre de la confédération Oxfam, une organisation internationale de développement qui mobilise le pouvoir citoyen contre la pauvreté. Elle travaille dans plus de 90 pays afin de trouver des solutions durables pour mettre fin aux injustices qui engendrent la pauvreté. Elle œuvre et milite pour que les populations les plus pauvres puissent faire valoir leurs droits et accéder à ces services essentiels.

Quant à Action Santé Mondiale, c’est une ONG française spécialisée dans le plaidoyer sur le financement du développement et la santé globale, plus particulièrement sur les maladies de la pauvreté. Elle œuvre auprès des institutions françaises et européennes pour renforcer le soutien politique et financier sur ces questions. Présente à Paris et à Bruxelles, Action Santé Mondiale travaille en coalitions inter-associatives ou multi-acteurs.

CICODEV-Africa, elle, est une association internationale à but non lucratif de droit sénégalais qui vise à promouvoir l’émergence d’un mouvement de citoyens-consommateurs conscients de l’impact de leurs choix de consommation sur le commerce, l’environnement et le développement. Elle vise aussi à promouvoir les choix et modèles de consommation citoyenne porteurs de développement et aptes à lutter contre la pauvreté. CICODEV-Africa cherche enfin à promouvoir les droits et devoirs des citoyens-consommateurs avec un accent particulier sur la promotion de la consommation des citoyens les plus défavorisés.

(Article issu d’une correspondance particulière)

Momar Diack SECK
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