Ridia.Na, artiste, auteur et compositrice, est contre certaines pratiques du Show-Biz, cœur à prendre, elle a aussi ses critères …

Connue sous le nom Ridia Na, elle fait son petit bonhomme de chemin. Lentement, mais surement, la musique sénégalaise voit émerger une jeune fille au talent pur. Dans un entretien accordé à lactuacho, Fouta Diarry Fall, alias Rdidia.Na est revenue sur son parcours musical entamé à l’âge de 12 ans. Que pense-t-elle de ce monde cosmopolite de la musique sénégalaise, l’habillement des artistes, les mœurs du show ? Au faite est-elle mariée ou célibataire ? Que pense-t-elle de la polygamie ?

Ridia Na est à cœur ouvert avec lactuacho.com…

Qui est Ridia Na ?

C’est Fatoumata Diarry Fall, mon vrai nom mais je suis connue sous le nom de Ridia Na, mon nom d’artiste. Je suis chanteuse et j’ai démarré ma carrière à l’âge de 12 ans. C’était très compliqué tout au début avec mes parents mais présentement je roule à 100% avec leur appui.  Je suis étudiante en Master 2 en Communication à Sup De Co et je présente présentement mon mémoire. Je suis dans un groupe avec mon frère qui s’appelle Ibrahima. Nous travaillons ensemble, c’est «Djinguily’’ », cela veut  dire « centre» en Wolof, on l’appelle ainsi dans la localité de Sokone et son entourage.

Pourquoi Sokone ?

Nous ne sommes pas originaires de Sokone. Nous sommes originaires de Kaolack mais moi, je suis native de Guédiawaye. Comme mon papa était inspecteur de pêche, on nous affecté un peu partout à travers le Sénégal, c’est ainsi que j’ai connu Sokone où j’ai eu mon BEFM et mon Baccalauréat et où j’ai commencé à chanter pour la première fois   avec mon frère. Le moment venu, on devait choisir le nom de groupe. C’est à Sokone que mon papa a une maison, c’est là-bas où le groupe est né. Nous sommes des « sonkonois » à 100%.

Qu’est-ce qui vous a poussée à faire de la musique ?

Je ne suis pas née dans une famille où on fait de la musique. Je suis née dans une famille où ce sont les études qui priment. Papa est très strict, il ne rigolait pas. Mon frère, il était dans le Rap et se cachait. Moi, je faisais la danse, le théâtre et des interprétations dans des clubs, toujours en cachette.

Maintenant la musique en moi, je peux dire que c’est de l’inné et de l’acquis parce que je suis née avec, je veux dire que je suis née amoureuse de la musique. J’ai toujours aimé cela. Ma famille, je veux dire que ce sont des gens très ouverts à l’art d’une manière générale, parce que j’ai un Fère qui est artiste peintre, l’autre est musicien.

Ils adorent tout ce qui est art, théâtre et ce qui tourne autour mais on ne voulaient pas s’y adonner à 100% parce que mes parents ne voulaient pas.

Il n’y a que moi et Ibrahima qui ont pu s’échapper mais je veux dire que c’est par pur amour, déjà c’est ça qui nous fortifie, qui nous laisse le soin de nous organiser et de continuer nos études.

Le monde du Showbiz est très compliqué. Comment  faites-vous pour émerger ?

Je dois dire que c’est l’amour qui nous fortifie, on n’a pas peur, on n’a pas de crainte. On n’a pas peur de ce qu’on va rencontrer à l’avenir parce que nos parents nous ont bien éduqué, on se respecte et on respecte les gens aussi. Ça, c’est la première des choses.

Alors compte tenu des financements, ce n’est pas facile du tout parce qu’on sait que c’est un monde qui demande beaucoup de moyens mais malheureusement, on n’a pas de producteur, des gens qui ont réellement les moyens de nous aider à aller de l’avant. Nous faisons notre mieux, Dieu merci, tous deux, nous travaillons. J’ai arrêté récemment pour me concentrer sur mon mémoire après je vais reprendre les choses.

J’ai travaillé dans deux boîtes internationales  de communication parce que j’ai eu ma licence en Marketing Com. Cela m’a permis de faire des épargnes parce que nos parents ne nous laissaient pas dans le besoin, ils nous épaulaient dans nos études. Le studio où je produis, me fait des tarifs très réduits. Cela m’a beaucoup aidé à réaliser mes propres produits.

Parlez-nous de vos singles, de leurs messages….

Pour le premier single, c’est « Djiguene ». Je dois dire que les deux que j’ai sortis, font partie de mes productions. Mais pour « Djiguene », je me suis dit que si je dois faire mon entrée dans le monde de la musique, ça sera avec cette chanson-là. Comme ça, je vais montrer mes appartenances que je suis femme, je suis africaine, mais surtout je dois remercier ce genre-là auquel j’appartiens. Je me suis dit que c’est une manière de rendre hommage la femme d’une manière générale mais particulièrement la femme africaine, la femme sénégalaise.

Ensuite, on a profité pour le sortir à l’occasion de la journée du 8 mars, journée internationale de la femme mais aussi pour le deuxième : « Consommez local » parce que je voudrais ne pas me limiter aux produits commerciaux, chanter seulement pour vendre ma musique.

Non, je compte faire de la musique participative, étant donné que je suis sénégalaise, je suis africaine, je veux œuvrer pour  le développement  de ma nation et je me suis dit que le Consommez local, c’est une bonne idée, une idée que tous les sénégalais doivent soutenir parce que si ça marche, c’est pour notre compte.

Quelle est la réaction de vos parents lorsqu’ils vous ont vu à la télévision ?

Je dois dire qu’ils sont vraiment fiers. Ils disent qu’ils ne pouvaient pas  imaginer que je vais un jour chanter. Je suis une jeune fille très proche de son papa, j’adore les études comme mon père. Ma maman savait déjà que je chantais, c’était ma complice, elle savait que sa fille s’adonnait carrément à la musique bien que c’est un monde qu’elle n’aime pas trop parce qu’on sait comment c’est avec les peulhs. Présentement, ils sont très fiers de nous deux, ils nous épaulent et ils nous assistent, ce n’est pas comme auparavant qu’on restait cacher.

Parlons un peu de musique et mœurs, du monde du showbiz avec l’alcool et la drogue qui ont ruiné beaucoup de carrière…

Je dois dire que c’est interdire pour les chanteurs de fumer, boire de l’alcool, cela irrite les cordes vocales. Un artiste qui se permet de boire et de fumer en même temps, ce n’est pas bon pour ce dernier.

En tant que  musulman, je dis que c’est banni, on doit vraiment l’éviter. Et pour la santé, c’est encore plus grave, je veux dire que c’est encore pire.

Ces genres de produits si nuisibles, pourquoi s’adonner à ça ? Cela n’a pas d’importance, vous êtes chanteur, on vous dit que c’est carrément nuisible pour vos cordes vocales, vous êtes musulman, on vous dit que c’est interdit. Je ne pense même pas à ça. Il faudrait qu’on renforce cette lutte contre le tabagisme.

Que pensez-vous des mœurs et certaines de leurs dérives comme les lesbiennes ? Il paraît que c’est fréquent dans le milieu, avez-vous en des avances de certaines ?

(Rire…) Dieu merci, je n’ai pas encore reçu d’avance. Je ne connais aucune lesbienne et je n’ai jamais vu une lesbienne. C’est des échos, les homosexuels par contre, on en voit. Dans le cadre de mes prestations, je n’ai jamais rencontré une lesbienne .Je dois dire que tout homme a son choix, que ça soit le bon ou le mauvais, seul Dieu sait et c’est à lui de juger les hommes. Je remercie le bon Dieu, je ne suis pas dans ça.

Quel regard portez-vous sur la musique sénégalaise ?

Bon les gens disent qu’elle a tendance à se détériorer et moi, je dis que ça s’améliore. Moi je suis à l’école Douta Seck, même les gens qui font du « Mbalax » viennent apprendre la musique. Ils savent que la musique, c’est l’inné et l’acquis.

On ne peut pas avoir une voix et dire que je me limite à là, il y a des choses à apprendre, des choses à entretenir, par exemple comment entretenir sa voix et consort. Ce qui reste, ce sont des sponsors qui peuvent aider la musique à se hisser très haut. Des prestations et des moyens manquent énormément. Il faut qu’il ait beaucoup de festivals en fait, il donner aux jeunes l’occasion de se faire entendre.

Que dites-vous du port vestimentaire des jeunes filles et artistes ? Et vous, quelle est votre tendance comme on dit ?

Etre musicien, c’est tellement compliqué parce qu’il faut sortir de l’ordinaire. Quand on est dans le World music, c’est beaucoup plus compliqué, on voudrait s’habiller de manière que le Sénégalais, l’Anglais, le Français, l’Américain, pour s’y identifier avec cet accoutrement. C’est tellement difficile.

Ce n’est pas une question d’adorer les tenues « sexy » mais une question de vie d’artiste. On s’habille comme il faut, de manière artistique mais cela ne veut pas dire porter quelque chose qui montre tous les attributs de la femme. Ce n’est pas joli à voir, étant donné qu’on veut être des leaders d’opinion, des idoles surtout pour les enfants, ce n’est pas commode, ce n’est pas un bon message. La tenue que j’ai mise dans la vidéo « Djiguéne », certaines personnes disent que c’est « sexy ».

Je m’habille artistiquement. Parce qu’étant artiste, on ne peut pas s’habiller comme on veut comme le sénégalais lambda. Il faudrait sortir de l’ordinaire et pour cela, il faut quelques créations. Je ne suis pas  d’accord avec les artistes qui s’exhibent avec une mini-jupe très courte  sur scène parce que les gens sont en bas. Ce n’est pas du tout commode ou bien être pratiquement en slip, moi je ne ferai jamais ça. Je veille sur mon port vestimentaire parce qu’il y a des gens qui me regardent. Je ne vais jamais montrer mes attributs sur scène.

Quels sont vos projets ?

Pour l’album, c’est en cours. Présentement, on a fait la moitié, ce qui est plus difficile est passé, bien vrai qu’il y a des obstacles. Nous avons prévu de le sortir en 2016.

Parlez-nous de votre vie privée. Etes-vous mariée ou un cœur à prendre ?

(Rire…), Un cœur à prendre, c’est déjà pris par la musique. Je suis tombée 100% amoureuse de la musique. C’est vrai, je suis femme et je suis appelé à fonder un foyer et avoir des enfants. C’est vraiment beau d’avoir des progénitures. Pour le moment, je n’ai pas de petit copain, c’est ma musique qui est mon petit copain.

Avoir un petit copain, cela ne me dit vraiment rien, je préfère trouver mon âme-sœur et on se marie vite fait parce que je n’ai pas le temps de combiner ma musique, les études et supporter les caprices des mecs alors là, je n’ai pas le temps, je préfère trouver un homme sérieux. Certainement après cette interview, je vais trouver l’âme-sœur parce que je ne suis pas difficile, je ne suis pas compliquée (Rires)…

Je veux un homme pieux, un religieux parce que je suis musulmane, un homme qui pourrait me montrer la bonne voie parce que la femme a besoin de quelqu’un à ses côtés qui pourrait être son ange gardien. Je veux un homme pieux de préférence un disciple de Baye Niass. A part ça, je veux un homme qui m’aime vraiment, on homme qui me respecte, qui me comprend tout simplement. Je souhaite un jour partir à la Mecque.

Quelle idée avez-vous sur la polygamie ?

Je suis contre les musulmanes qui disent qu’elles n’aiment pas la polygamie. Dans notre religion, il est permis à l’homme de prendre quatre femmes. Je ne vois rien de dangereux dans la polygamie et je ne suis pas du tout contre. Je suis contre un homme qui n’a pas assez de moyens pour subvenir aux besoins de sa famille, prendre deux, trois jusqu’à quatre femmes, ça c’est mettre ses enfants dans le besoin et de les pousser aux tares de la société. Un homme qui peut prendre quatre femmes avec les moyens, il peut bien le faire .Je suis contre les filles qui disent que je ne veux pas un mari polygame. L’homme est né polygame et moi je suis née dans une famille religieuse, j’accepte cela.

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Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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