Ressources Pétrolières et Gazières : Les autorités étatiques anticipent sur les éventuelles conséquences environnementales

« Pour une exploitation durable et saine des ressources pétrolières et gazières », c’est le thème qui réunit aujourd’hui et jusqu’au 31 du mois courant le segment des experts à l’occasion de la 3ème édition de la Conférence nationale sur le développement durable. Cette rencontre de trois jours (29-30-31 mai 2018), qui est un cadre d’échange et de partage des différentes catégories d’acteurs concernés sur les questions de développement durable, mais aussi d’anticipation sur d’éventuels dégâts environnementaux liés à l’exploitation de ces ressources.

L’exploitation des gisements de pétrole et de gaz aux larges des côtes sénégalaises augure de très bonnes perspectives économiques, qui mérite un cadre d’échanges et de réflexions entre différents acteurs pour éviter le syndrome de la « malédiction » de ces ressources. Ainsi, pour éviter d’éventuels méfaits ou dégâts environnementaux liés à l’exploitation de ces ressources, le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de l’Environnement, et ses différents partenaires et experts des pays invités de l’Angleterre, du Ghana et des Pays-Bas, se réunissent depuis hier et pour trois jours au Centre internationale de conférence Abdou Diouf (Cicad) à l’occasion de la 3ème édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) pour échanger et discuter sur les stratégies à mettre en place pour non seulement alerter, mais pour pousser les acteurs à prendre conscience de ce fléau.

Pour le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Mame Thierno Dieng, le gouvernement du Sénégal qu’il représente à ce grand rendez-vous ne ménagera aucun effort pour « assumer son rôle d’alerte, tout en amenant à prendre conscience des risques qui émanent de l’exploitation de ces ressources » et qui peuvent conduire à des méfaits qui gangrènent l’environnement. Pour éviter tous ces désagréments, les autorités étatiques comptent s’imprégner des meilleures expertises mises en œuvre par l’Angleterre, les Pays-Bas et le Ghana qui sont de grands pays producteurs de pétrole et du gaz pour mettre en place des dispositifs en terme de ressources humaines pour adresser les questions environnementales liées à l’exploitation pétrolière et gazière. Selon le ministre de l’Environnement, l’objectif recherché à travers cette démarche est d’aboutir à un Plan cadre consensuel de gestion environnementale et sociale (Pges) du secteur du pétrole et du gaz au Sénégal, qui puisse garantir la prise en compte de toutes les dimensions concourant à un progrès équilibré et durable.

« Nous travaillons pour que tout Sénégalais ait accès à un environnement sain auquel la constitution lui donne droit », a-t-il déclaré. Avant de préciser : « Je pense que tous les éléments sont réunis pour le pays soit à l’abri des futurs dégâts environnementaux que cause l’exploitation pétrolière ». Il s’exprimait en marge de la 3ème édition de la Cndd, où Il est attendu durant ces trois jours de travaux la disponibilité des recommandations dont l’application mettrait à l’abri la population des risques qu’elle court. Mais aussi, il est attendu également la capitalisation des bonnes pratiques en termes de protection de l’environnement, tout en évitant les erreurs qui se sont produites partout dans le monde.
L’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Théo Peters, parrain de cette édition, a fait savoir qu’il est clair que les découvertes des ressources naturelles présentent des opportunités énormes pour la population, tout en assurant une croissance inclusive réduisant la pauvreté. « Nous sommes disponibles à partager des apprentissages avec le Sénégal pour l’éviter de tomber dans les mêmes erreurs que nous », a-t-il déclaré. Selon lui, l’exploitation de ces produits doit être inclusive afin que les populations puissent y tirer profit. En outre, il a appelé les autorités étatiques à entamer des processus de consultation afin de rendre l’exploitation de ces ressources inclusive, transparente et mesurable pour que la population entière et les générations futures puissent en bénéficier.
Géraud Moussarie, Directeur général de Bp un des partenaires du Sénégal présent dans 70 pays, a promis pour sa part, la production d’un gaz sénégalais compétitif au niveau mondial. « La mission de Bp est de produire un gaz sénégalais compétitif pour les marchés internationaux, tout en amenant un gaz naturel lubrifié dans ce pays », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Nous prenons très au sérieux notre responsabilité d’agir. Nous travaillons de la manière la plus efficace avec les communautés, mais le développement durable nous incombe ». Selon lui, cette réussite se fera par une technologie efficace et un savoir-faire commercial incommensurable pour appuyer et renforcer les capacités locales. « Nous travaillons de manière écologique et responsable pour valoriser les ressources sénégalaises qui nous ont confiées », dira-t-il.

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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