Recrudescence des atrocités sur les enfants : L’Etat pointé du doigt

C’est avec la recrudescence des enlèvements et tueries d’enfants au Sénégal à quelques mois de la présidentielle de 2019, toutes les pistes d’accusation mènent vers les hommes politiques. M. François Raoul Latouffe, président de la Coalition national des associations et Ong en faveur des enfants (Conafe) accuse l’État d’être responsable de toutes ces atrocités.

François Raoul Latouffe, président de la Coalition nationale des associations et Ong en faveur de l’enfant (Conafe), accuse l’État d’être responsable de tous les enlèvements et atrocités sur les enfants. D’aprés lui, il y a un manque de volonté politique de l’État sénégalais qui ne veut rien faire pour régler ce problème qui hante le sommeil d’honnêtes citoyens. « S’il y avait de la volonté politique le ministère de l’Intérieur aurait pris l’ensemble des dispositions pour qu’on ne voit plus d’enfants dans la rue », a-t-il affirmé. Avant d’être plus catégorique : « Ces violences, ces atrocités faites aux enfants, n’honorent pas le Sénégal ». M. Latouffe a fait part également que le chef de l’Etat Macky Sall avait donné des instructions aux ministres concernés de la protection de l’enfance, même si le département de l’Intérieur est le seul habilité a prendre en charge la protection et la sécurité de cette couche vulnérable, mais jusque là rien est fait. « Nous allons continuer à tenir des plaidoyers pour sensibiliser davantage les enfants sur les dangers de la rue afin que l’Etat puisse prendre ses responsabilités par rapport a la protection de l’enfant dont il est le seul garant, comme le souligne l’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant, même si le parent est défaillant », a déclaré M. Latouffe. Le président de la Conafe s’exprimait en marge d’une table ronde organisée par l’Association des juristes sénégalaises en partenariat avec l’Ong Village pilote et l’Union européenne sur « les dangers de la rue et la traite des personnes ». Il en a profité pour interpeller l’opinion nationale : « Tout ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays est inacceptable. Et nous condamnons avec la dernière énergie. Nous devons agir ça suffit maintenant ». De nombreuses raisons font qu’un enfant se laisse influencer par l’attrait de la rue. Cette situation est causée par divers facteurs, entre autres: la pauvreté, la destruction des familles, le phénomène de l’urbanisation déséquilibrée, la perdition scolaire, etc. L’enfant s’expose ainsi aux dangers de la rue mais aussi à d’autres risques comme le risque d’exploitation. Des solutions sont en train d’être apportées même si le phénomène reste lancinant et persistant et, parfois, se transforme en prenant d’autres formes avec de nouvelles propensions, comme ce qui se passe actuellement avec des enfants enlevés et tués.
Pour Aby Diallo, commissaire de police à la retraite, faisant une présentation sur : « Loi sur la traite des personnes: sens et portée » à cette occasion, dira que « notre pays qui a ratifié toutes les Conventions internationales sur les droits humains, a l’obligation de protéger cette couche vulnérable ». Selon elle, même s’il n’existe pas de politiques ou de directives pour guider le développement, le code pénal, le code de procédures pénales et le code de la famille prévoient des mesures protectrices pour l’enfant.

Saër DIAL

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