Réactions post-verdict : L’Union des magistrats du Sénégal condamne le procureur et Me Mbaye Jacques Ndiaye

Va-t-on assister à une «bataille» entre les magistrats à la suite du verdict du procès Aïda Ndiongue ? Tout porte à la croire.

Alors que le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, a qualifié la décision de relaxe par le tribunal correctionnel de «manifestement illégale et même troublante», l’Union des magistrats du Sénégal soutient leurs collègues et charge Bassirou Guèye.

Et pour cause. Selon les Collègues d’El Hadj Abdou Aziz Seck (président de l’UMS), «si la loi, notamment le Code de procédure pénale en ses articles 483 et suivants, reconnait au Procureur de la République la faculté de faire appel contre les jugements rendus en matière correctionnelle ,elle ne lui reconnaît nullement le droit de commenter par voie de presse, une décision de justice, en employant notamment des termes de nature à porter atteinte à l’honorabilité des magistrats ayant rendu la décision et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire».

Ainsi, dans un communiqué qui nous est parvenu hier soir, le Bureau exécutif de l’U.M.S condamne «fermement» cette déclaration du Procureur de la République et «exprime toute sa solidarité» à l’endroit des collègues qui, selon elle,  «ont rendu leur décision, conformément à la loi et en leur âme et conscience».

Le Bureau exécutif condamne, en outre, les déclarations de l’un des conseils (Me Mbaye Jacques Ndiaye, Ndlr)  de la prévenue qui a réclamé «l’ouverture d’une enquête parlementaire», aux fins d’audition du Procureur de la République, du Juge d’instruction du 2ème cabinet et de l’ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

El Hadj Abdou Aziz Seck et Cie ont également tenu à rappeler «qu’au Sénégal, la Justice est un pouvoir consacré par la Constitution et qu’une telle déclaration viole le principe de la séparation des pouvoirs consacré par notre loi fondamentale».

«Le Bureau exécutif, soulignent-ils, comme il l’a toujours fait, défendra, chaque fois que de besoin, tout magistrat qui remplira les devoirs de sa charge dans l’honneur et la dignité», mais «se désolidarisera de tout magistrat qui aura, délibérément et de mauvaise foi, violé son serment».

Source Sud Quotidien

Dieyna SENE
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