Rapport Ofnac 2014-2015 : 320 plaintes et dénonciations sur la table de Nafi Ngom Keïta, des structures épinglées

La présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et corruption (Ofnac) Mme Nafi Ngom Keïta, a présenté ce mardi à Dakar, son rapport 2014-2015. Il ressort de ce document que 320 plaintes et dénonciations ont été déposées sur la table de l’Ofnac.
En effet, indique-t-elle, sur la période visée, l’OFNAC a reçu 320 plaintes et dénonciations, dont 114 par lettres, 111 par appel au numéro vert, 34 par mail et une (01) par application mobile.
Sur les 209 plaintes et dénonciations physiques reçues, 134, soit 64,11%, sont dans le champ de compétence de l’OFNAC, contre 75 plaintes, soit 35,89% pour lesquelles l’OFNAC s’est déclaré incompétent.

La Santé, l’éducation, les transports terrestres, les Impôts épinglés

La présidente de l’Ofnac a révélé ce mardi à Dakar, lors de la présentation du rapport 2014-2015 que s’agissant précisément des rapports d’enquêtes bouclés, ils portent sur les secteurs de la Santé, de l’Education, de l’Administration générale, des Marchés publics, du Commerce, des Transports terrestres, entre autres.

En effet, les investigations ont permis de mettre en évidence la persistance des pratiques de corruption, de concussion, de détournement de deniers publics, de faux et usage de faux, d’escroquerie portant sur des deniers publics.
Parfois, ce sont des agents isolés qui contournent les règles de fonctionnement de leur service pour se livrer à des actes de corruption ou de concussion.

Ces pratiques sont favorisées notamment par : l’insuffisance des informations mises à la disposition des citoyens relativement aux procédures appliquées par les structures concernées ; la complexité des formalités à accomplir auprès des administrations ; et
les lenteurs dans la délivrance du service public.

Dans le domaine de la Santé, il a été relevé des pratiques de détournement de malades d’une structure publique vers un Cabinet médical sur fond de corruption. Ces pratiques placent les usagers du service public dans une certaine insécurité, l’orientation vers la structure d’accueil ne mettant pas en avant l’efficacité et les besoins du malade.
Dans le domaine de l’Education, les enquêtes ont mis en exergue des infractions de faux et usage de faux dans des documents scolaires, notamment les relevés de notes. Les éléments recueillis montrent l’implication dans ces faits d’élèves et de responsables d’Etablissement. L’existence de ces pratiques commande une attention particulière pour circonscrire le mal et préserver ce secteur sensible appelé à pourvoir le système productif.
Au niveau de la gestion des œuvres sociales, les investigations menées ont révélé des pratiques aux antipodes des règles d’exécution des dépenses publiques, et des indices graves et concordants de détournement de deniers publics et d’escroquerie portant sur des deniers publics ont été recueillis.

Ces pratiques éloignent le COUD de sa vocation fondamentale qui est d’assurer une gestion efficace des œuvres sociales pour l’épanouissement des étudiants.
L’enquête portant sur les activités d’un Cabinet prétendant procéder à un recrutement de superviseurs pour le compte d’une entreprise de la place.

Cette enquête a mis en lumière les risques qui pèsent sur les jeunes diplômés en quête d’emploi, les investigations de l’OFNAC ayant révélé des pratiques d’escroquerie et de publicité mensongère perpétrées par un groupe d’individus au détriment d’un large public principalement constitué d’élèves et d’étudiants.
Relativement aux Transports terrestres, il a été noté l’existence d’un réseau de malfaiteurs se livrant à des actes de corruption, de concussion, de blanchiment d’argent et de faits constitutifs de violations du Code général des Impôts dans la délivrance des documents administratifs comme les permis de conduire.
Les enquêtes ont constaté que les acteurs impliqués ont agi en violation flagrante des normes de référence et des orientations du Ministère chargé des Transports. En effet, malgré les mesures édictées par ce Ministère pour améliorer le service rendu aux usagers par un raccourcissement des délais, des agents très peu scrupuleux ont instauré leurs propres règles pour réaliser leur dessein, exigeant des usagers du service public le paiement de sommes que la réglementation n’autorise pas.
Au Centre des services fiscaux de Dakar-Liberté, les investigations ont montré l’existence de pratiques isolées de concussion pour amener certains usagers à payer des montants indus ou excédant les montants fixés. Le stratagème utilisé a consisté à faire croire à l’usager du service public que la procédure allait être longue, alors même que les délais dans lesquels travaille la structure sont très courts.

Source iGFM  

Oumou Khaïry NDIAYE
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