Prix Nobel de la paix : le trophée attribué au premier ministre Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation en Éthiopie

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi 11 octobre au premier ministre éthiopien en raison de ses efforts pour parvenir à la paix avec son voisin érythréen.

La nouvelle est belle pour l’Éthiopie et pour le tournant politique engagé par son premier ministre, Abiy Ahmed, depuis qu’il a accédé au pouvoir en avril 2018, rapporte la-croix.com.

Le prix Nobel de la paix lui a été décerné « pour ses efforts en vue d’arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée », a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

La paix avec l’Érythrée

Première grande surprise après l’entrée en fonction d’Abiy Ahmed : son rapprochement spectaculaire, presque à marche forcée, avec le président érythréen Issaias Afeworki. Dès le 9 juillet 2018, les deux hommes déclaraient la fin de l’état de guerre entre leurs pays. Le conflit frontalier les opposait depuis la fin des années 1990.

Les relations se sont réchauffées aussitôt : deux postes frontières ouvrent en septembre, des vols commerciaux relient désormais les deux capitales, Addis-Abeba et Asmara, des rencontres régulières au plus haut niveau sont organisées.

La main tendue aux groupes rebelles

Sur le plan intérieur, Abiy Ahmed a libéré plusieurs centaines de prisonniers politiques. Il a signé plusieurs accords de paix avec des groupes rebelles, en premier lieu avec le Front de libération du peuple oromo (FLO), groupe sécessionniste armé qui lutte depuis les années 1970 contre le pouvoir central.

La parité hommes-femmes

Autre avancée spectaculaire, la stricte parité établie par le premier ministre dans son gouvernement qui, pour la première fois dans l’histoire du pays, compte autant de femmes que d’hommes. Certaines à des postes clés : le ministère de la défense a été confié à Aisha Mohammed, ancienne ministre de la construction, et le ministère de la paix (l’intérieur) à l’ancienne présidente du Parlement, Muferiat Kamil, chargée en somme de diriger la police et les services secrets éthiopiens.

Des tensions qui perdurent

Pourtant, l’Éthiopie n’est pas guérie de ses maux. Les tensions intercommunautaires minent toujours la société. Le conflit foncier qui oppose la communauté oromo et le territoire d’Addis-Abeba ne fait que se tendre.

Dans le nord, les Tigréens, après avoir dirigé le pays de la chute de Mengistu Haile Mariam, en 1991, à 2018, se sentent de plus en plus isolés.

Dans le Sud-Ouest, 900 000 personnes ont fui les heurts entre les Gedeo et les Guji. À l’Ouest, c’est au tour des Kamashi et des Welega de s’affronter régulièrement…

Signe de la fragilité du pouvoir, la série d’attentats qui a visé des proches et des adversaires du premier ministre, entre le 22 et 24 juin 2019. Une tentative de coup d’État a même été évoquée à l’occasion de ces étranges assassinats.

Source la-croix.com

Mamadou Nancy Fall

Rédacteur

Mamadou Nancy Fall

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