Présumée crise pré-électorale : Senegaal Dey Dem lance un appel à la nation, aux autorités et aux partenaires internationaux

Communiqué : L’injonction faite par le Président de la République à la CÉNA de régler un problème qui relève visiblement des attributions du Ministère de l’Intérieur (maître d’œuvre de l’organisation des élections) a créé les conditions d’une dérive qui discrédite la CENA en lui faisant porter la volonté de passage en force du régime contre une disposition essentielle du code électoral : le secret du vote.

La CENA y a tellement perdu son identité et son latin qu’elle ne savait plus faire la différence entre « décision consensuelle » et « décision majoritaire » ! Toutes les définitions existantes d’une « décision consensuelle » s’accordent sur le fait que c’est une décision « qui relève d’un très large consentement et qui consiste à dégager un Accord sans procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions ». Ce qui manifestement n’était pas le cas vendredi dernier.

Si la DGE (Direction générale des élections) avait organisé une telle concertation des mandataires avec comme résultat l’absence de consensus constaté par tous, la CENA, garante impartiale du strict respect de la loi électorale et équidistante des forces en présence, pouvait entrer en jeu afin de contribuer, par le dialogue et la persuasion, à sortir de l’impasse. La CENA, par conséquent, ne devait en aucune façon accepter d’être associée à un coup de force électoral où l’on invite les citoyens d’un pays africain qui vote depuis 1848 à violer ouvertement le secret du vote.

Choisir 5 bulletins non seulement donne une idée du vote potentiel des électeurs, mais aussi et surtout trahit l’autre versant du secret du vote de façon plus ostentatoire car le choix restreint de cinq bulletins écarte clairement les 42 autres bulletins, en plus de favoriser le chantage et le « vote utile ».

 

Or donc, dans nos démocraties en voie de consolidation le secret du vote protège l’intégrité et le choix libre et sans contrainte du citoyen et de la citoyenne. Le supprimer à cause prétendument de l’inflation et de la lourdeur créées par 47 listes en présence est un fait inédit et qui n’est pas en phase avec l’exception démocratique que constitue malgré tout le Sénégal en Afrique.

La « Coalition Pôle alternatif / 3ème Voie : SÉNÉGAL DEY DEM », fidèle à son autonomie et à son identité de « 3ème voie », lance un appel pressant d’abord au gouvernement pour revenir à la raison, c’est à dire retourner à la table de négociation pour la recherche consensuelle d’une solution viable qui ferait « l’objet d’un large consentement ».

Le régime peut encore contribuer à l’apaisement et à la sérénité du processus électoral, en suspendant le forcing en cours et en acceptant l’ouverture d’un dialogue véritable sur les difficultés réelles d’un scrutin avec 47 listes et sur la nécessité de respecter le calendrier républicain.

Senegaal Dey Dem lance un appel à toutes les forces vives et démocratiques de la nation (Mouvements citoyens, partis démocratiques, société civile, personnalités indépendantes, autorités religieuses et coutumières, syndicats et autres acteurs sociaux) à poser des actes citoyens pour éviter l’aventure à notre pays et préserver la paix et les acquis démocratiques.

D’ores et déjà, SENEGAL DEY DEM, en collaboration avec d’autres forces politiques et sociales, prendra langue avec les partenaires africains privilégiés (CEDEAO, UA) et internationaux (NATIONS UNIES, UE, France, USA, ETC…) afin de les inviter à tout mettre en œuvre pour contribuer à sauvegarder et à consolider la vitrine démocratique qu’est le Sénégal.

Fait à Dakar  3 JUIN 2017

Le Directoire de Campagne

 

 

 

Oumou Khaïry NDIAYE
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