Plusieurs milliards détournés de la GOANA : Quand l’OFNAC joue avec sa crédibilité

Alors que beaucoup doutent encore de son efficacité, l’Ofnac joue sa crédibilité avec la saisine adressée à sa Présidente pour diligenter une enquête sur les fonds de la Goana.

Saisie officiellement pour diligenter une enquête après avoir affirmé détenir des documents attestant le détournement des milliards de la Goana (Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance), la Présidente de l’Ofnac semble pourtant traîner les pieds.

Or, ses propos sur la nébuleuse autour de la gestion des fonds de la Goana sont sans équivoque.

«On met 40% du budget de fonctionnement dans l’éducation et on n’a pas de résultats. L’agriculture aussi. Moi, je sais et j’ai des documents. Si on n’avait pas détourné les milliards que le Président Wade a mis dans la Goana, on aurait atteint l’autosuffisance», avait déclaré la Présidente de l’Ofnac lors d’une rencontre organisée par le Réseau des institutions nationales de lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest.
Cette sortie de Nafi Ngom Keïta avait fait réagir logiquement un administrateur de sociétés qui, à travers une lettre datée du 1er juillet 2015 et révélée en exclusivité dans ces mêmes colonnes, avait invité la présidente de l’Ofnac à éclairer la lanterne des Sunugaaliens sur une affaire aussi grave.

D’où l’intérêt de la saisine adressée à l’Ofnac et de la suite qui lui sera réservée. En tout cas, Nafi Ngom Keïta, elle-même, a personnellement toujours refusé de se plier au silence que certains veulent lui imposer.
A ceux qui lui reprochent d’être parfois trop «bavarde», elle a toujours rétorqué qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin de sa mission.

«Je dois communiquer pour sensibiliser sur les prérogatives qui sont les nôtres mais aussi et surtout pour éviter la désinformation qu’on peut véhiculer sur l’institution qu’est l’Ofnac», avait-elle indiqué en marge d’un atelier de Planification des actions stratégiques de la structure qu’elle dirige.

Or, si comme elle le dit, elle est vraiment attentive à la manière dont les Sunugaaliens perçoivent l’Ofnac, le détournement des milliards de la Goana dont elle affirme détenir les preuves, ne peut et ne doit pas rester sans suite.

Et selon qu’elle ira au bout ou non, l’Ofnac sera perçu comme un instrument destiné à combattre réellement la fraude et la corruption ou, au contraire, comme un simple «machin».

Momar Diack SECK
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