Pêche : la CAOPA foncièrement opposée à l’accord de « la promotion de la croissance bleue »

La Coalition pour des accords de pêche (CAOPA) rejette ‘’catégoriquement’’ la promotion de la croissance bleue derrière laquelle se cachent de grands groupes financiers ou de grandes compagnies pétrolières qui ne sont attirées que par le profit, a insisté sa coordinatrice, Béatrice Gorez. Position rapportée par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

‘’Ce n’est pas nous qui avons amené cette question de croissance bleue sur ma table, ce que nous voulons, c’est, avec nos partenaires, mettre en œuvre une pêche artisanale durable. Mais, nous sommes confrontés à d’autres discours, en plus de grandes compagnies, les services portuaires, la marine marchande et tous ce que vous pouvez imaginer comme utilisateurs des océans’’, s’est-elle inquiétée.

Ces groupes et autres compagnies viennent, explique-t-elle, soutenir l’idée selon laquelle ceux qui paient le plus d’argent, en utilisant la mer, doivent avoir la priorité d’accès, la priorité d’exploitation.

‘’Nous sommes tout à fait contre ça. Parce que nous pensons que ce n’est comme ça qu’on gère au mieux les océans’’, a martelé Mme Gorez, dans un entretien avec l’APS.

De son point de vue, les océans doivent, avant tout, répondre à des droits tels que le droit à l’alimentation, le droit de se nourrir, le droit au travail décent et le droit des communautés côtières qui dépendent de la pêche pour vivre comme étant le secteur porteur d’avenir et de développement durable.

‘’Mais, on ne peut pas avoir une initiative qui essaie de promouvoir ça et puis, demain, une grosse compagnie pétrolière qui, en ignorant tout ce travail-là, tous ces enjeux-là, en ignorant les droits des communautés, en disant aux gouvernements je peux vous donner X millions, laissez-moi exploiter le pétrole ou le gaz dans vos eaux. C’est une autre façon d’exploiter les ressources halieutiques qui ne respectent les droits humains’’, a-t-elle dénoncé.

Conscients des difficultés que rencontrent les acteurs, notamment transformatrices qui n’ont pas souvent l’eau et l’électricité au niveau des sites où elles travaillent dans le noir et jusque tard dans la nuit, Béatrice Gorez et les autres membres du comité de pilotage pensent qu’il faut améliorer leurs conditions de vie et de travail.

‘’Pour améliorer les conditions de travail de ces femmes, ce n’est pas seulement le ministère en charge de la pêche qui doit être impliqué, c’est tout le monde qui doit se retrouver autour d’une table pour améliorer leurs conditions de travail, leur permettre d’avoir des conditions de travail décentes. Nous sommes une organisation d’appui qui essayons d’appuyer les professionnels’’, a plaidé la coordinatrice de la CAPE.

Dieyna SENE
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