Pêche illégale : le Directeur de la FAO salue un engagement autour d’un traité international nécessaire pour contrer ce fléau

L’Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port est indispensable aux efforts mondiaux visant à protéger les ressources marines mondiales et à maintenir la sécurité alimentaire

José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a félicité ce mardi ‘ juin la centaine de pays à s’être engagés à lutter contre la pêche illégale et non durable, qualifiant la mise en œuvre – en peu de temps et au niveau international – de cet Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port (PSMA) afin de prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche non déclarée et non réglementée (INN), de « très grande réussite ».

Le PSMA, un traité international négocié par la FAO, est entré en vigueur en 2016, nous rappelle le communiqué de la FAO qui ajoute qu’aujourd’hui, plus d’une centaine de pays y ont déjà adhéré ou sont sur le point de le faire.

« Aujourd’hui, je regarde cette salle et je vois une salle remplie avec bien plus de délégués qu’il y a deux ans, » a indiqué M. Graziano da Silva alors qu’il s’exprimait à l’occasion de la Deuxième réunion des Parties du PSMA, réunies au Chili afin de discuter de la meilleure manière d’optimiser la mise en œuvre du traité.

Le PSMA implique que les navires étrangers se soumettent à des contrôles dans n’importe quel port d’escale si les Etats portuaires le jugent nécessaires, et exigent que ces derniers partagent les informations liées aux violations observées.

Selon toujours le communiqué, l’accord renforce également les règles qui prévalaient déjà et selon lesquelles les pays doivent contrôler les activités de leurs propres flottes de pêche. Cet accord a été conçu avec l’idée de faire augmenter les coûts liés à la pêche INN en rendant plus difficile la vente de poissons capturés illégalement.

Selon certaines estimations, la pêche INN représente près de 26 millions de tonnes de captures mondiales de poissons chaque année (ou près d’un tiers) et compromet les efforts visant à assurer des pêches durables grâce à des mesures de gestion efficaces des stocks de poissons à travers le monde. Actuellement, un tiers des stocks halieutiques mondiaux sont pêchés à des niveaux biologiquement non viables – un chiffre qui a triplé depuis la moitié des années 1970.

« L’une des principales conditions pour que le PSMA débouche sur de bons résultats est d’avoir un grand nombre de pays à y participer afin qu’ils puissent empêcher les navires de débarquer leurs prises illégales. Si un navire ne peut débarquer dans un pays, il le fera dans le pays voisin, » a précisé M. Graziano da Silva.

Actuellement, plus de la moitié des Etats côtiers de la planète sont Parties du traité.

Momar Diack SECK
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