Paraguay : le Parlement incendié après de violentes manifestations

Une manifestation contre un vote du Sénat paraguayen, autorisant le président actuel à briguer un nouveau mandat, a dégénéré vendredi : le bâtiment du Parlement a été investi et incendié.

Des manifestants au Paraguay ont violemment exprimé, vendredi 1er avril, leur opposition à la décision du Sénat de permettre au président Horacio Cartes de briguer un nouveau mandat : ils ont pris d’assaut dans la soirée le Parlement, déclenchant un incendie à l’intérieur du bâtiment.

Scandant des slogans comme « Plus jamais de dictature », des centaines d’opposants ont fait irruption dans le bâtiment du Congrès après avoir cassé des portes, des palissades et des baies vitrées. Ils ont ensuite saccagé les bureaux des sénateurs favorables à l’amendement avant de provoquer des débuts d’incendie.

Ils ont brûlé des pneus et démonté en partie la grille entourant le siège du Congrès national, tandis que la police anti-émeute a riposté à l’aide de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Des heurts ont éclaté avec la police et une trentaine de policiers et de manifestants ont été blessés, ont indiqué les pompiers.

Les manifestants ont finalement quitté le bâtiment et les pompiers ont pu maîtriser les flammes. Des rassemblements se poursuivaient ailleurs dans la capitale et dans le pays, ont rapporté les médias paraguayens.

Le président appelle au calme

La Constitution du pays, rédigée après la fin de la dictature en 1989, interdit la réélection du chef de l’État. Réunis en séance extraordinaire à huis clos, 25 sénateurs sur les 45 de la chambre haute du Congrès national ont voté en faveur d’un amendement constitutionnel autorisant le président à solliciter un nouveau mandat.

La proposition doit désormais être examinée par la Chambre des députés, où elle semble jouir d’un fort soutien. Un vote des députés prévu samedi matin a été reporté en attendant que la situation se calme, a dit le président de la Chambre, Hugo Velazquez.

Horacio Cartes a de son côté lancé un appel au calme et au rejet de la violence. « La démocratie ne se conquiert pas et ne se défend pas par la violence et vous pouvez être certains que ce gouvernement poursuivra ses plus grands efforts pour maintenir l’ordre juridique dans la République », déclare le président dans un communiqué diffusé sur son compte Twitter.

Source france24.com

Momar Diack SECK
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