Nouvelles directives : recommandations pour une meilleure analyse de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition

Les nouvelles directives mondiales publiées jeudi par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) vont permettre d’affiner le processus d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition, afin de recueillir des informations de meilleure qualité et fiables en cas de crise humanitaire, y compris dans les zones où l’accès humanitaire est impossible.

Après des consultations approfondies, nous dit un communiqué de la FAO, les experts en sécurité alimentaire et nutritionnelle de 15 organisations ont publié une troisième version du Manuel technique IPC.

Outre la phase de l’IPC centrée sur l’insécurité alimentaire aigüe, elle intègre deux nouvelles phases pour mesurer l’insécurité alimentaire chronique et la malnutrition aigüe. Elle inclue également une nouvelle classification de la phase 5 de l’IPC sur l’insécurité alimentaire aigüe, intitulée «Faim aigüe probable».

Par ailleurs, l’actualisation du manuel comprend de nouvelles exigences en matière de données en vue d’analyser les zones où l’accès humanitaire est très difficile, voire impossible. Dans ces zones, la collecte de données fiables en matière de sécurité alimentaire et de nutrition est entravée par des défis majeurs, notamment des contraintes sécuritaires, juridiques et logistiques, qui empêchent souvent les acteurs humanitaires de pouvoir atteindre les populations en temps de crise.

Pour relever ces défis, la version 3.0 du Manuel technique de l’IPC intègre des modalités supplémentaires de collecte de données auprès de principaux points d’accès, afin d’obtenir des éléments probants pour l’analyse IPC. Ces points d’accès incluent les endroits où les populations sont récemment arrivées suite à leur déplacement, les lieux avoisinants, les camps de déplacés, les centres de soins et les points de distribution, entre autres.

Les versions précédentes du manuel ont servi de base à la déclaration d’une situation de famine en Somalie en 2011 et au Soudan du Sud en 2017, et ont éclairé les prises de décision en matière d’intervention humanitaire. La version 3.0 du manuel technique IPC, qui comprend des protocoles pour les situations de crise les plus graves, a également conçu une nouvelle référence mondiale pour les déclarations de famine avec l’introduction de la classification «Faim aigüe probable».

Celle-ci s’appliquera aux régions où les preuves disponibles pour établir la classification de la famine sont insuffisantes, en raison des circonstances sur le terrain, mais où les informations disponibles indiquent que la famine risque de se produire ou se produira. Cela renforcera la capacité de l’IPC à alerter sur une situation de famine potentielle dans des contextes où le manque de données faisait auparavant figure d’obstacle.

Pour la première fois, le Manuel technique de l’IPC, version 3.0, comprend un large éventail de phases de l’IPC: insécurité alimentaire aigüe, malnutrition aigüe et insécurité alimentaire chronique. Cela crée une meilleure compréhension des liens entre les trois catégories et fournit des informations précieuses aux décideurs pour l’élaboration d’un cadre stratégique d’interventions global visant à combattre l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

L’IPC a été mis au point en Somalie en 2004 en réponse au besoin de l’élaboration d’un cadre commun de classification de la sécurité alimentaire fondé sur une analyse situationnelle, et pour fournir des informations exploitables et faciliter une intervention humanitaire efficace. Au cours des années suivantes, le rôle de «monnaie commune» de l’IPC en matière d’analyse de l’insécurité alimentaire et de la nutrition s’est avéré pertinent à une plus grande échelle.

Aujourd’hui, l’IPC est utilisé dans plus de 30 pays, notamment lors de crises prolongées et de situations d’insécurité alimentaire chronique. L’IPC travaille en étroite collaboration avec le Cadre Harmonisé, un instrument similaire utilisé au Sahel et en Afrique de l’Ouest pour l’analyse de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

Oumou Khaïry NDIAYE
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