Monde du travail : le Directeur général de l’OIT plaide pour un esprit renouvelé de tripartisme pour affronter les défis

La Conférence internationale du Travail va aborder toute une série de questions, dont la violence au travail, les femmes au travail, le dialogue social, l’application des normes et la coopération pour le développement.

Le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Guy Ryder, a mis en garde contre «le regain de tensions dans le monde» lors de la séance d’ouverture de la 107e session de la Conférence internationale du Travail  (CIT).

Selon le communiqué qui nous est parvenu, il a exhorté les délégués à faire preuve d’un «esprit de tripartisme, de compromis et de consensus» qui est une «condition préalable à la réussite de la Conférence et de l’OIT».

M. Ryder a évoqué des difficultés grandissantes pour la coopération internationale dans le cadre du multilatéralisme. Faisant référence à une «nouvelle brutalité» dans le monde, il a exprimé une conviction forte: «Notre Organisation et notre Conférence doivent être un rempart contre cette contagion, par leur conduite-même et par les résultats qu’elles obtiennent.»

Dans ce contexte, a-t-il ajouté, la discussion de la Conférence sur le dialogue social  arrive à point nommé et sera l’occasion d’en faire un instrument efficace pour aborder les transformations en cours dans le monde du travail.

Concernant la violence et le harcèlement au travail, le Directeur général a appelé les délégués à ouvrir «la voie pour garantir des lieux de travail totalement exempts de violence et de harcèlement».

Soulignant la nécessité de lutter contre toutes les formes de violence et de harcèlement au travail, y compris le harcèlement sexuel – qui a été mis en pleine lumière par la campagne Me Too –, il a invité les délégués à produire des résultats qui fassent vraiment changer les choses: «Notre réponse à cet appel de plus en plus insistant à agir doit être Us Too», a-t-il affirmé.

Pendant la Conférence, une commission composée de représentants des travailleurs, des employeurs et des gouvernements tiendra une première discussion sur de possibles nouvelles normes pour lutter contre la violence et le harcèlement au travail .

Se projetant vers l’année prochaine, M. Ryder a annoncé qu’un important rapport serait publié par la Commission mondiale sur l’avenir du travail  en début d’année, ajoutant: «L’avenir du travail, c’est aussi l’avenir de l’OIT.»

M. Ryder a présenté son rapport sur «L’initiative sur les femmes au travail: un nouvel élan pour l’égalité » qui prône des mesures innovantes pour combler l’écart persistant entre hommes et femmes. Le rapport annuel sur «La situation des travailleurs des territoires arabes occupés » ne rapporte guère d’évolutions positives mais il souligne la probabilité que l’action de l’OIT permette une amélioration de la situation des travailleurs sur place.

La CIT va discuter de la coopération pour le développement de l’OIT dans le contexte de la réforme des Nations Unies. La Commission de l’application des normes  de la Conférence va traiter de la situation des droits des travailleurs dans le monde entier et discuter de l’étude d’ensemble concernant les instruments relatifs au temps de travail qui reflète l’expérience des Etats Membres.

Le 1er juin, Juan Manuel Santos, Président de Colombie et lauréat du prix Nobel de la paix, s’adressera à la Conférence.

Le 7 juin, un Sommet de haut niveau sur le monde du travail  sera consacré au rôle de l’emploi et du travail décent pour assurer la paix et la stabilité dans les pays émergeant de crises, de conflits ou de catastrophes. Le Premier ministre d’Iraq, Haider al-Abadi, et les Présidents de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, et d’Irlande, Michael D. Higgins, s’adresseront également à la Conférence pendant le Sommet.

Cette première journée de Conférence a vu Samir Murad, ministre du Travail de Jordanie, élu à la Présidence de la Conférence pour toute la durée de ses travaux, du 28 mai au 8 juin.

La Conférence a élu comme Vice-présidents Jean-Jacques Elmiger de Suisse (Gouvernements), Khalifa Khamis Mattar des Emirats arabes unis (Employeurs) et Akiko Gono du Japon (Travailleurs).

La Conférence internationale du Travail définit la politique générale de l’Organisation internationale du Travail et se réunit une fois par an à Genève, en Suisse. Ce «parlement mondial du travail» rassemble chaque année plus de 5 000 délégués gouvernementaux, travailleurs et employeurs, en provenance des 187 Etats Membres de l’OIT.

Pape Ismaïla CAMARA
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