Miser sur le numérique et le capital humain comme facteurs de développement

(Par Ndèye Anta Diouck) De nos jours, une emprise dans le monde du numérique est un facteur de développement et une source d’ouverture internationale. D’où la nécessité d’accepter l’existence et l’évolution de l’économie numérique, à une époque où la monnaie et les paiements électroniques prennent de plus en plus d’ampleur, et où l’intelligence artificielle et les innovations sont galopantes.

Cette nouvelle forme d’économie est sur la voie de modifier, et même de faire disparaître certains emplois ; mais elle permettra aussi de donner naissance à d’autres, les emplois dits « de demain ». Pour transmettre de meilleures compétences aux jeunes Africains de mon pays, je propose le processus suivant.

Premièrement, il est nécessaire que les autorités étatiques intègrent pleinement le fait que l’économie numérique est étroitement liée à l’économie de l’éducation et que le système éducatif sénégalais a besoin d’être mis à jour. Nous pouvons être compétents sans toutefois être armé des bonnes compétences.

Or, c’est exactement cette qualité qui fait la différence sur le marché du travail, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Il est donc primordial de rendre les jeunes opérationnels, notamment en diminuant la théorie dans les établissements, pour mieux prôner la pratique – les connaissances théoriques acquises lors de la transmission des compétences devront ainsi aboutir à des mises en applications concrètes.

Deuxièmement, puisque c’est de numérique dont il s’agit, il faudra des infrastructures adéquates et des éducateurs dûment formés. En outre, il faudra initier les jeunes dès le plus jeune âge à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), et ancrer la notion dans le cadre scolaire (elle pourrait ainsi être renommée « nouvelles technologies de l’information et de la communication au service de l’éducation », ou NTICE).

Troisièmement, il est nécessaire de prendre pleinement conscience que la volonté seule ne suffit pas, et qu’il faut se donner les moyens nécessaires d’atteindre ses objectifs, parfois au prix de certains sacrifices. Nos dirigeants politiques devraient éviter les investissements non productifs et prendre en considération l’importance d’investir dans le capital humain (comme mentionné dans le rapport de la Banque mondiale, Projet sur le capital humain). Même si nous reconnaissons les efforts qui ont dernièrement été faits sur le plan du numérique, il reste encore beaucoup à faire pour endiguer les politiques à court terme malheureusement souvent adoptées, et qui ralentissent notre processus de développement.

Soigner le système éducatif, diminuer la théorie, encourager l’adoption du numérique et avant tout, miser sur la rentabilité de l’investissement dans le capital humain, sont autant d’éléments qui permettront de stimuler le développement de notre continent.

Ce processus devra bien évidemment être accompagné d’une prise de conscience de la place importante qu’occupent les changements mentaux et sociaux nécessaires à sa bonne réalisation. Son succès dépendra par ailleurs de notre capacité à être judicieux et rigoureux, et à établir des bilans internes comme externes pour transformer les faiblesses en forces, tout en tenant compte des opportunités et des menaces.

Pour nous préparer et nous adapter aux emplois de demain, nous devons combattre cette tendance au rejet de l’innovation et nous concentrer sur une bonne maîtrise du numérique. Il est temps pour notre continent, et notre pays, de penser leader et d’agir comme tel.

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