Me El hadji Omar Youm, maire de Thiadiaye, ministre de la gouvernance locale, porte-parole du gouvernement « Pourquoi les tournées économiques du Chef de l’Etat sont à saluer… »

Me El hadji Oumar Youm le ministre de la gouvernance locale, du développement et de l’aménagement du territoire, porte-parole du gouvernement et par ailleurs Maire de Thiadiaye n’est plus à présenter. Dans un entretien accordé à LACTUACHO, il est revenu sur l’importance des tournées économiques du Chef de l’Etat, le partage direct du vécu de ces populations, mais aussi des projets phares de développement.

A cœur ouvert, il a  annoncé la tenue prochaine d’un forum pour le développement de Thiadiaye dont il est le maire, mais aussi listé ses priorités pour faire émerger sa localité. Entretien…

Lactuacho : Me Oumar Youm vous êtes responsable à l’Alliance pour la République (APR). Comment analysez-vous les tournées économiques du Chef de l’Etat, là où d’autres pensent que le Président est en pré-campagne électorale ?

Me Oumar Youm : Moi, je pense c’est de bonne guerre. Il y a des opposants qui pensent que le Président est en train de faire de la politique et ce qu’il est en train de faire, c’est du saupoudrage, c’est le jugement des hommes qui ne sont pas au cœur de la réalité, car ils ne vivent pas ces tournées.

Très franchement, le Président lui-même, avant qu’il ne soit élu,  est un homme qui a montré toute sa disponibilité à être en contact avec les populations. Et c’est sa conviction, c’est pourquoi il passe son une grande partie de temps à se concerter, à rencontrer, à discuter, à échanger, à consolider ses certitudes. Et ça, c’est au contact des populations qu’il peut le faire.

Ces tournées, il ne rencontre pas l’APR, il ne rencontre pas le parti socialiste, il ne rencontre pas Benno, il rencontre le citoyen lambda, d’opérateurs économiques qui sont dans des rizières, dans des écoles, dans des tanneries, dans l’artisanat, dans l’élevage, dans l’agriculture. Ce sont des Sénégalais, à qui le Président s’adresse. Il les rencontre et écoute sur leurs difficultés, c’est ce qui s’est passé depuis toujours parce que ce sont des tournées qui sont coûteuses en termes financiers, en termes physiques, car il vit dans l’inconfort le plus absolu.

Les acteurs de terrain, les acteurs économiques qui sont les partenaires indispensables des gouvernants parce que, c’est eux, qui mettent en œuvre réellement la politique de développement.

 Donc à vous entendre, ces tournées sont loin d’être de tout repos ?

Ce sont des tournées qui permettent un dialogue direct entre le Président et les populations. C’est la vraie démocratie, une démocratie directe où, il est avec quelqu’un qu’il a rencontré pour une première fois, dans son champ, dans son atelier ou ensemble au niveau du quai de pêche pour échanger sur les vrais problèmes qui interpellent leur profession. Donc, il aurait pu rester à Dakar d’après certains. Mais à Dakar, ce sont des rapports qu’il reçoit mais ces rapports, ce sont des hommes qui les écrivent en fonction de leurs orientations, de leur sensibilité. Mais là, c’est sûr qu’il n’y aura pas de trucages. Le dialogue est direct, il est franc, il est sincère. Le Président, après les avoir écoutés, prend des mesures qu’attendent souvent ces professionnels depuis, il y a de cela 50 ans. Ils en ont parlé peut-être dans beaucoup de séminaires, dans beaucoup de CRD, dans beaucoup de  réunions, d’ateliers et ils n’ont jamais eu de solutions. Et donc-là en présence du Chef de l’Etat, les membres de gouvernement concernés, les mesures sont prises tout de suite et mises en œuvre.

Franchement, je trouve que c’est un exercice extraordinaire de démocratie. Vrai exercice de démocratie à cœur ouvert où le Président écoute, analyse, consulte ses techniciens sur place, ses premiers collaborateurs, les ministres et prendre des décisions qui sont des décisions à nature à faire avancer le Sénégal, les secteurs qui sont des secteurs porteurs. Dans ce sens, il a eu à prendre beaucoup de mesures.

Pouvez-vous nous citer un ou des exemples concrets de cette efficience ?

Quand il a fait la tournée au niveau de la vallée pour améliorer, pour lutter pour l’autosuffisance alimentaire en riz, il a pris beaucoup de mesures devant permettre à ces agents qui interviennent au niveau de la riziculture, de trouver une solution et éventuellement se mettre en rang serré pour atteindre l’autosuffisance en riz.

« Quand, il a été à Saint-Louis, en présence des pêcheurs, où beaucoup de problèmes ont été identifiés et des solutions les plus pertinentes apportées ».

C’est également pareille , la deuxième tournée économique au niveau de la grande région de la Casamance, où également pareil, c’est des acteurs économiques, des paysans, des agriculteurs, des forestiers, des artisans qu’il rencontre, peut-être d’autre part, appartiennent à d’autres coalitions, peut-être des membres de la société civile, c’est ça aussi la vraie société civile, des gens qui sont là, qui n’ont pas peut-être l’ambition, la volonté de  militer dans des partis, ils sont là pour travailler et leur seul parti, c’est le Sénégal.  On ne peut pas faire de territorialisation sans politiques publiques si  les professionnels, les organisations, les acteurs économiques de terrain, ne sont pas associés dans la conception, l’élaboration, la définition des politiques publiques mais aussi leur mise en œuvre. Je pense que ça aussi, c’est une forme de démocratie participative qu’il faut saluer.

En réalité, ce n’est pas de tournées politiques, c’est de véritables tournées économiques en tout cas, moi j’ai eu la chance d’avoir participé aux deux tournées mais on ne parle pas de politique là-bas, on parle d’économie, on parle d’activités, on parle de productions. On parle de pourquoi ne pas prendre telles mesures pour nous permettre d’améliorer telle situation, tel secteur, pour nous permettre de produire plus, de vendre.

La réalité du Sénégal des profondeurs, comme le disent certains ?

Oui, ça permet aussi d’être en contact avec le vrai Sénégal, de sortir de Dakar pour se rendre compte qu’il y a  encore des femmes qui font la corvée de l’eau, sur 10 kilomètres, 11 kilomètres, 20 kilomètres. Il y a des élèves qui quittent leur village très tôt le matin, 7 heures, 6 heures du matin pour faire 10 kilomètres à pied pour aller apprendre. Ça, c’est la réalité du Sénégal. Et pour cette raison que le Chef de l’Etat ne se lasse jamais de rappeler que nous devons aujourd’hui faire les efforts énormes pour réduire le train de vie de  l’Etat, réduire les dépenses de fonctionnement inutiles pour que l’économie qui sera faite de  ce train de vie soit  orienté  vers le social, vers l’amélioration des conditions de vie des populations. Parce qu’il voit qu’il y a  des choses à prendre en charge, des doléances à prendre en charge. C’est ces raisons qu’il dit que nous devons être par exemple moins dépensifs mais plus généreux et efficaces dans la satisfaction des doléances des populations. Et c’est ces tournées-là qui lui permettent de comprendre en dehors de Dakar, il y a un autre Sénégal. Et ce Sénégal a besoin d’assistance, d’un plan spécial de développement.

Monsieur le ministre, vous êtes par ailleurs Maire de Thiadiaye, pouvez-vous  un avant-goût des grands projets que vous envisagez pour votre localité ?

Thiadiaye, c’est une commune qui a été créée en 1996. C’est dans le cadre de la régionalisation d’ailleurs que Thiadiaye, qui a été chef-lieu d’arrondissement, a été érigée en commune en 1996. Le premier maire, fut feu Abdoulaye Niakar Niane. Donc depuis 1996, Thiadiaye est commune, avec un deuxième maire qui s’appelait Abdoulaye Diop et un troisième maire que j’ai remplacé et qui s’appelle Alioune Séne.

J’en suis le quatrième maire suite aux élections du 29 juin 2014.

Nous avons beaucoup d’ambitions pour cette jeune commune qui est à 28 kilomètres du département de Mbour. Parmi les 16 communautés locales de ce département Thiadiaye compte environ 14 à 15000 habitants comprenant des sérères, des toucouleurs, des wolofs, comme ethnies les plus majoritaires, il y a aussi  les diolas.

Sur le plan économique que représente Thiadiaye ?

C’est une commune sur le plan économique, assez faible parce que ne disposant pas d’une vie économique d’une certaine importance. Alors, nous avons un marché hebdomadaire comme activité économique tous les lundis que nous partageons avec les autres communes du département et particulièrement les communes qui sont dans ce qu’on appelle le « Diéguéne », donc Sandiara, Fissel, Ndiaga Niaw, les autres communes voisines de la région de Fatick,département de Fatick, Niongolor, Diouroup. Donc à part le marché qui est un marché plus ou moins informel, on  a trouvé que la commune ne tirait pas profit de ce marché hebdomadaire, sinon, nous avons un équipement marchant qui est là qui date de plusieurs années, qui est à moderniser mais surtout à organiser. En dehors de ça, c’est les recettes liées aux stationnements des véhicules de transport tels que  l’occupation de la voie publique qui génère des recettes pour la commune de Thiadiaye.

Comment comptez-vous redresser la barre ?

Nous pensons qu’à la suite d’une réorganisation, il est possible de doter de Thiadiaye des ressources financières importantes devant lui permettre de répondre à l’ambition de l’équipe municipale , qui est dans un premier temps de doter de la commune d’équipements assez importants particulièrement des équipements qui sont de nature à impulser un peu le dialogue communal à être un trait d’union entre les populations, la commune et les dirigeants. Et donc à ce niveau dans le cadre de la campagne, des promesses ont été formulées pour que, si les populations devaient nous faire confiance qu’on puisse réaliser un certain nombre d’infrastructures parce que Thiadiaye manque beaucoup d’infrastructures. Ça se comprend, c’est liée un peu à la structure de son budget qui n’est pas fondé sur des ressources importantes.

En tout cas, dans notre plan de développement de Thiadiaye, nous pensons pouvoir déjà faire un marché moderne qui devrait nous permettre d’avoir des sources de revenus assez importantes pour la commune.

Nous avons aussi comme projets parce qu’il y a deux points faibles et la satisfaction devrait contribuer à améliorer le bien-être des populations, c’est l’éclairage, donc l’accès à l’électricité qui va nécessiter l’extension du réseau électrique à certains quartiers.

La commune à quand même connu une extension fulgurante. De cinq quartiers traditionnels, aujourd’hui nous en sommes à 10 quartiers. Pour vous dire qu’il y a un besoin d’électrification que ces quartiers, de viabilisation, de lotissement parce que souvent l’urbanisation au niveau de ces quartiers, s’est faite avec beaucoup de spontanéité et à la limite une urbanisation non contrôlée.

Donc, nous avons pour mission de revoir tout cela. Et donc, de procéder à l’extension du réseau électrique, ainsi que sa densification. Etendre, c’est bien mais il faut que le réseau soit capable de supporter la demande. Nous sommes en train de le faire. Nous avons fait une étude qui, au total devrait nous permettre, dans une première phase d’électrifier certains quartiers notamment les quartiers de Thiadiaye sérère, quartier de Fouthie, le quartier de Champ de course. Il nous restera bien entendu d’autres quartiers à électrifier. Aujourd’hui, nous avons sur la base ces études, un besoin, c’est-à-dire extension du réseau, densification, augmentation des points lumineux qui tournent autour de 100 et quelques millions. Et nous pensons pouvoir réaliser cela dans les plus brefs délais, s’il plait à Dieu.

Sur le plan des infrastructures quelles sont les autres attentes ? Avez-vous des solutions ?

Nous avons fait le montage qu’il fallait, qui permet de trouver des solutions. Il restera un problème majeur sur lequel nous étions fortement prononcés, celui du lycée de Thiadiaye, qui est une vieille doléance des populations qui ont besoin d’avoir un lycée. C’est sur la base d’une promesse qui a été faite en son temps par le Premier ministre du Sénégal, Monsieur Macky Sall devenu aujourd’hui Président de la République, que Thiadiaye a été doté sur les papiers d’un lycée mais c’est le CEM qui a du abriter le lycée en attendant sa construction. Depuis 2006, nous attendons la construction de ce lycée mais malheureusement, nous n’avons pas pu l’avoir. Et nous pensons que cette année, Thiadiaye aura son lycée parce que les études ont été faites dans le cadre du fonds d’équipement des collectivités locales. Nous pensons pouvoir procéder à la construction. Voila, nous sommes dans des perspectives de développement et très prochainement, nous allons organiser un forum, avec tous les fils et toutes les filles de Thiadiaye qui compte beaucoup d’intellectuels dans tous les domaines et pour pouvoir regrouper ce grand monde, réfléchir sur l’avenir de Thiadiaye, partager le diagnostic sur tous les plans :  éducation, santé, économie, démographie…

.Le forum nous permettra de valider un plan de développement communal largement partagé avec  tous les acteurs. Nous aurons un comité communal de suivi, d’évaluation de ce que nous sommes en train de faire, ce sont  des indicateurs pour mesurer la performance de l’équipe communale.

2017 se pointe à l’horizon, votre localité un atout vers la réélection du président Macky Sall ?

C’est facile de le soutenir parce que c’est un président, je pense, qui a montré une volonté sincère de gouverner le Sénégal dans la droiture, la vérité et d’apporter le maximum possible des solutions difficultés rencontrées par les citoyens. Donc, je pense qu’il est facile de réélire le Président Macky Sall mais dans le cadre de nos activités, nous veillons à ce que le parti reste constamment animé, que les militants restent en permanence mobilisés et que le terrain soit  réellement occupé à tout moment pour justement qu’il n’y ait pas de surprise. Quelqu’un disait qu’en politique, c’est comme le champ ou comme le mariage. Il faut toujours être avec les populations, échanger, discuter, lever les incompréhensions.

Propos recueillis par Saër DIAL

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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