Mali Des associations peules déclament leur insécurité et dénoncent le mutisme de l’Etat

Plusieurs associations peules ont rencontré ce samedi la presse, à Bamako, pour manifester leur grande inquiétude face à l’insécurité dans le centre du pays, et pour « dénoncer » les amalgames entretenus contre leur communauté.

Selon les conférenciers, être Peul aujourd’hui dans certaines localités du Mali, c’est vivre la peur au ventre. Haïdara Aminata Dicko, présidente du Collectif des associations de la jeunesse peule du Mali explique :

« Dans le centre, on est traqué. Les Peuls sont traqués par les jihadistes, ils sont traqués par les terroristes, ils sont traqués par l’armée, ils sont traqués aussi par les bandits armés. » Les exactions contre les Peuls seraient également commises par des chasseurs traditionnels, communément appelés donzo.

Idrissa Sankaré, député, élu du centre du Mali, ajoute : « Ce que les gens rapportent c’est que ces donzo sont en complicité avec l’armée ! Je le dis haut et fort. » Le véritable problème dans la région de Mopti et plus au sud, insiste l’élu, c’est l’absence totale de l’Etat malien dans de nombreuses localités.

Il donne un exemple : « J’ai fait l’autre jour, il y a juste une semaine, le trajet Niono – Ténenkou. Le trajet a duré plus de six heures, [sans rencontrer] de militaires, de gendarmes, de sous-préfet, pas de maire ! Donc le terrain est vierge, il n’y a pas d’Etat ! »

« Justice pour tous et pas d’amalgame », pouvait-on lire sur des banderoles lors de la conférence de presse.

Source RFI

Momar Diack SECK
à lire

Autres Articles