Lutte contre la criminalité financière : Plus de 30 évaluateurs en formation pour renforcer le GIABA

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), en collaboration avec le Groupe d’action financière (GAFI) et le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) organise durant 5 jours (du 25 au 29 mars 2019), une formation régionale des évaluateurs des pays francophones sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

« Pour s’assurer de l’effectivité et de l’efficacité et surtout de la conformité de ses dispositifs, aux recommandations du Gafi, aux conventions internationales et aux résolutions du conseil de sécurité des Nations-Unies, le GIABA entreprend des évaluations mutuelles, une évaluation mutuelle ou une évaluation par les pairs, est un processus par lequel les experts évaluateurs d’autres pays examinent et apprécient le niveau de conformité du dispositif juridique et institutionnel mis en place par la pays pour faire face au blanchiment de capitaux et financement du terrorisme au nom du Gafi, s’assure de l’efficacité de ses dispositifs et formule des recommandations, le cas échéant pour ramener le pays à évaluer à prendre des mesures tendant à corriger les lacunes qui seraient identifiées dans le rapport d’évaluation mutuelle. Alors, pour évaluer, il faut des experts évaluateurs et à ce titre, le GIABA dispose d’un pool des experts évaluateurs, pour qui malheureusement, est insuffisant. Le présent atelier conjoint, organisé au profit du GIABA, du GAFAC, du GAFI, a pour objectif de pallier cette insuffisance », souligne M. Aba Kimelabalou, directeur général du GIABA.
D’après M. Kimelabalou estime que le GIABA est une institution spécialisée de la CEDEAO qui a pour mandat de lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Et pour réaliser cette mission, le GIABA veille entre autre à la mise en place par les Etats membres des dispositifs juridiques et institutionnels conformes aux standards internationaux.
Selon lui, les experts évaluateurs qui seront désignés, pourront mener des évaluations mutuelles de qualité, produire des rapports d’évaluation mutuelle, cohérent, objectif et surtout dans les délais prescrits par les procédures. Et les participants sont une trentaine, provenant des Etats membres du GIABA, des Etats membres du groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale.
« Les experts devront être bien outillés, avoir des expériences, des capacités d’analyse, d’appréciation pour produire des rapports d’évaluation mutuelle de qualité, des rapports d’évaluation mutuelle cohérents, clairs, objectifs et conformes aux normes définies par la méthodologie du GAFI, voilà ce que nous attendons de ces experts. Le présent atelier a pour objet de renforcer le pool des experts évaluateurs, il y en a mais ce pool n’est suffisant, parmi ceux qui sont formés, certains sont partis en retraite et d’autres sont dans d’autres organisations, de ce fait le nombre qui est là , est insuffisant », dira le directeur général de GIABA.

D’après lui, il faut le reconnaître les experts évaluateurs n’ont pas encore la maîtrise totale, c’est pourquoi, il est important qu’ils puissent renforcer les capacités pour faire face au travail intense que requiert une évaluation mutuelle.

Quant à Mme Gnagna Sow, conseillère technique au Ministère de l’Economie et des Finances et du Plan, elle avance : « Ainsi la conduite des exercices d’évaluation des dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment du terrorisme appelle à relever plusieurs défis dont celui de la disponibilité de ressources humaines ayant une expertise et une maîtrise avérées à la fois des normes à l’aune desquelles cette évaluation est menée et de la méthodologie appropriée ».

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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